9782213681245-001-T

« Le monde a changé à partir du forfait Millénium. Désormais, on se parlerait sans limites. On pourrait se dire autre chose que l’essentiel. La jeunesse devenait Millénium, le monde, sous nos yeux, était en train de devenir Millénium. J’ai le Millénium Blues. Vous l’avez aussi ? Est-ce qu’on en guérira un jour? »
  
De la fin des années 1990 à nos jours, Zouzou promène sur son époque son regard d’enfant, d’adolescente, puis de jeune femme, et enfin de mère, tout cela dans le désordre ou presque.
On suit par épisodes, par âges, le parcours tourmenté de ce personnage, reflet de sa génération, bousculée par l’arrivée du nouveau millénaire.
Chaque épisode fort de la vie intime de Zouzou est lié de près ou de loin à un événement de notre vie collective.
Mais si le monde change à un rythme de plus en plus rapide, une chose demeure: l’amitié qui lie Zouzou à Carmen, et qui va traverser le temps et les épreuves.

Tout commence à Paris, par un accident, en août 2003, en plein cœur de la canicule…

C'est avec intérêt que je suis le parcours de Faïza Guène depuis ses incroyables débuts avec Kiffe kiffe demain, en 2004. Je n'avais pas tout aimé dans les deux romans qui avaient suivi, mais j'avais été sincèrement touchée par Un homme ça ne pleure pas.

C'est donc avec curiosité que j'ai commencé Millénium Blues qui ne pouvait que me parler, le personnage principal (Zouzou) étant de ma génération (oui bon, à 10 ans près...), traversant des évènements que j'ai connus également (l'arrivée du forfait millénium illimité, la coupe du monde en 1998, 
le 11 Septembre 2001, les présidentielles de 2002, la canicule en 2003...) et la bande son est signée ABBA, qui est un de mes groupes anti-déprime favoris, si ce n'est LE groupe ;-).

Malgré tout, nous n'étions pas à l'abri d'une déception. Mais non, car même si les courts chapitres/épisodes m'ont parfois déroutée, j'ai été touchée par cette histoire de femmes gardant toutes la tête haute malgré les épreuves, la culpabilité, les colères et les absences.
Zouzou traverse les années cahin caha en s'adaptant comme elle peut à ce nouveau siècle et ses nouveaux codes, tout en restant une amie fidèle, une fille aimante, une femme forte puis une maman dévouée.   
Et les mots font mouche, parfois avec nostalgie, parfois avec gravité ou avec humour, Faïza Guène aborde avec pertinence et sincérité les hésitations et drames de la vie, les déceptions, le temps/les gens qui passe(nt), le renouveau et les jolies surprises qui surgissent.
Une vie somme toute instable et changeante comme notre société dans laquelle tout le monde cherche sa place, avec plus ou moins de facilité.
Un récit intime, qui se révèle commun à beaucoup d'entre nous.

"On se souvient des heures passées à jouer au Snake sur son Nokia 3310 comme si c'était déjà le futur.
Et le futur, c'est maintenant.
C'est pas ce qu'on avait imaginé, c'est ni pire, ni mieux, mais c'est là et il faut bien le vivre."

L'auteur(e) >> Faïza Guène naît de parents originaires de l'ouest de l'Algérie et grandit avec son frère et sa sœur à Pantin. Elle se fait remarquer à l’âge de 13 ans en fréquentant un atelier d’écriture audiovisuelle à Pantin, dirigé par l’association Les Engraineurs. Jusqu'à l’âge de 17 ans, elle écrit et réalise cinq courts-métrages en vidéo dont certains seront primés dans des festivals. Après avoir obtenu une subvention du CNC à 18 ans, elle réalise un moyen-métrage en Super 16 mm, Rien que des mots dans lequel elle fait jouer sa mère.
Durant la même année elle commence son roman Kiffe kiffe demain qu’elle dit écrire « comme un loisir ». Après avoir rédigé une trentaine de pages « au stylo plume sur des feuilles de classeur », le professeur de français responsable de l’atelier d’écriture lit ce texte et l’envoie à la maison d’édition Hachette Livre sans en avertir Faïza.
L’éditrice, Isabelle Seguin, lui propose alors de signer un contrat et de terminer la rédaction du roman. À la sortie du livre, en septembre 2004, une journaliste du Nouvel Observateur consacre une double page à Faïza et encense le livre. La tornade médiatique commence alors et Kiffe kiffe demain se vend à plus de 400 000 exemplaires et est traduit dans plus de vingt-six langues.
Toujours dans la veine de la comédie sociale, en 2006, Faïza publie Du rêve pour les oufs puis Les Gens du Balto en 2008 et Un homme, ça ne pleure pas en 2014.

Les éditions FAYARD: https://www.fayard.fr/