Sauf-quand-on-les-aime

Claire, Juliette et Kader ont un peu plus de vingt ans, et la vie les a déjà malmenés. Dans un contexte peu accueillant, ils se sont adoptés et ont fabriqué ensemble une nouvelle famille. L'arrivée de l'indomptable Tisha et les tourments enflammés de monsieur Bréhel vont tout bousculer. De Toulouse à Tunis, pris entre amour et amitié, ils se frôlent et se heurtent, mais tentent à tout prix de préserver leur tendresse et leur solidarité. Jusqu'au jour où la violence leur impose la mesure du réel.

Dès la première page, que dis-je, le premier dialogue, on se retrouve immédiatement immergé dans une violence "banale" et, souvent, lâchement ignorée.
Ce n'est pas une violence familiale, ni au travail, mais une violence verbale subie par une jeune femme dans un train, que l'on peut tous avoir vécue ou entendue et affrontée de manière différente
Frédérique Martin nous parle de courage, de force, de quotidien incertain, des violences banalisées, et d'espoir, d'entraide, d'amitié, dans ce groupe de co-locataires (et leur vieux voisin) un peu bancal, aux sentiments qui se percutent, se taisent ou se subissent.
Elle nous entraîne dans leurs chemins de traverse, leurs façons d'aimer sans barrières, d'écrire pour se libérer du poids du passé, de douleurs ou de peurs; mais aussi l'injustice, le racisme, le sexisme... la fragilité de la vie, de leur équilibre. Et leurs manières d'affronter tout cela, entre tatônnements, violence, larmes, solidarité et découverte des autres et d'eux-même.

Frédérique Martin signe un roman qui ne m'a pas autant emportée que Le vase où meurt cette verveine (il faut dire que c'était difficile) mais j'ai retrouvé avec plaisir sa plume sensible et directe, sa musique (et quelques extraits musicaux qui parlent), et cette capacité qu'elle a à nous plonger dans une histoire simple en apparence pour nous saisir quand on ne s'y attend pas.

L'auteur(e)>> Frédérique Martin vit près de Toulouse. Prix Prométhée de la nouvelle pour L'Écharde du silence (Le Rocher, 2004), elle a également publié, entre autres livres, un roman pour la jeunesse, un recueil de poésie et, chez Belfond, Le vase où meurt cette verveine(2012). Son site: http://www.frederiquemartin.fr/

Les éditions Belfond: http://www.belfond.fr/site/page_accueil_site_editions_belfond_&1.html

Mon billet sur son précédent roman, Le vase où meurt cette verveine: http://blablablamia.canalblog.com/archives/2013/04/14/26917932.html