Encore un joli lot de chez Stéphane Million Editeur, oui. c'est comme ça, j'aime son travail et ses auteurs!

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L'OURAGAN - Daniel MARTINANGE

Y’a du Djian, du Kerouac, et même un peu de Bukowski dans ce roman/cette tornade/cet Ouragan…

L’histoire :
>> Antoine, paysan célibataire de 50 ans, rencontre lors d'un voyage aux Baléares, Bahia, une argentine née en Patagonie, plus jeune que lui, sensuelle, fantasque, belle, mystérieuse. Il la ramène chez lui, abandonne l'agriculture, achète un bar tenu par Bahia. 
Mais un jour un drame oblige Antoine à quitter le pays et s'envoler avec une jeune paumée de 18 ans pour le Wyoming, dans un ranch dont le patron est un indien Navarro, éleveur de chevaux, champion de rodéo, il croisera également un fakir, une albinos entre autres……

C’est tranché, c’est rapide, c’est dépaysant et poétique. 
C’est aussi cru, saccadé et vif comme un récit que Daniel Martinange serait venu me faire à la maison/dans la rue/le métro, pour me laisser sur la ligne d’arrivée totalement (et positivement) essoufflée de cette valse profondément humaine.

L’histoire d’un amour passionné, déçu, puis la chute, la fuite, la culpabilité, la souffrance, le manque qui tord les entrailles et vous réduit à parler dans le vent, parce que c’est tout ce qui vous reste pour « lui » parler…

Alors voilà, la vie d’Antoine bascule, son existence prend brusquement une autre teinte.
Il part. Perd ses repères. Fait des rencontres étonnantes, des personnages cabossés, un peu extravagants, atypiques, et finalement, pas tant que cela… 
Oui des personnages étranges, mais attachants tant ils font comme ils peuvent dans ce monde qui les chahute, face au côté sombre, injuste et sale de la vie.

Au milieu de ces solitudes mêlées, Antoine cherche le renouveau et la rédemption, mais reste dépouillé de l’essentiel de lui même… et on referme le livre avec l’envie d’être la Bahia de quelqu’un.

Et une couverture superbe, aux couleurs vives, enflammées, exactement comme le roman.



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LAVOMATIC - Philippe Di FOLCO

Ah et bien c’est bon, de se retrouver surprise!
De se faire posséder par le livre que l’on tient entre ses mains, le voir prendre le dessus sur nous et notre cerveau.
Mais, désolée, je ne peux pas vous faire un résumé. 
Non, n’allez pas vous dire que je suis de mauvaise volonté. Non. Je ne crois pas. Pas là.

C’est juste que cet OVNI littéraire est une expérience en soi. 
Un peu comme lorsque j’ai regardé Mulholland Drive pour la première fois, ou bien Usual Suspects ou un Almodovar… pas qu’il y ait de réel liens, quoique, un peu finalement, mais l’expérience est de ce genre : c’est fini, voilà, on éteint la télé, on referme le livre, atterissage, avec cette impression d’avoir été passée dans une essoreuse et de devoir reprendre ses esprits.

Philippe Di Folco, en à peine 122 pages, nous emmène loin du classique ou du banal. 
Il nous plonge tête la première dans une vie d’errance, de mafia, de violence, de sexe, d’abus, de vengeance et de Big Brother dans ce monde où les machines ont l’air de tourner plus rond que nous, où un lavomatic devient une île, une sorte de « portail » temporel (c'est quand même plus original que dans Stargate, non ;-)).

La brutalité du réel se mêle à un monde onirique qui reste assez inquiétant...
Il y a des odeurs, de la crasse, des corps, des produits, des villes, des questionnements, des moments suspendus dans des no man’s lands, on perd nos repères, mais, comme Jane, on ne s'essouffle jamais…

Un thriller/fable futuriste un peu genre Michel Gondry meets les frères (à l’époque) Wachowski sacrément imbibés de Lynch (ou l'inverse).

(Et j’adore la couv, encore une fois bravo à Plaisirs de Myope qui fait à chaque fois de magnifiques tableaux dignes du MOMA (si si, si)).