BELLE AFFAIRE

Comme l’héroïne de Breton dont elle porte le nom, Nadja est légèrement étrange. Un peu « off », diraient les Américains dans cette université du Vermont où elle enseigne l’écriture durant le semestre d’été. Absente à elle même et au monde, comme déconnectée de son corps, de sa carrière d’auteur et de sa famille, qu’elle a laissée en France.
Durant ces quelques semaines de canicule et d’orages dans cette Nouvelle Angleterre follement cinématographique, à l’approche de la quarantaine et à l’heure des premiers bilans, les souvenirs d’une première passion adolescente ressurgissent, réveillés par une rencontre amoureuse impromptue. Et Nadja de plonger dans une danse de la mémoire, valsant entre souvenirs et présent, entre trois hommes qui ont marqué sa vie de femme, trois moments de vérité, trois continents. Que reste-t-il de ce premier amour vécu sur la terre rouge et ocre qu’elle foulait pieds nus sous des pluies diluviennes? 
Toutes les douleurs doivent-elles forcément être guéries?

Nadja a quarante ans et fait un bilan sur ses années parcourues jusque là, alors qu'elle se retrouve aux Etats-Unis, entourée d'étudiants, loin de sa vie de couple et de famille.
Elle se souvient de son enfance/adolescence, de sa grand-mère, des pays traversés, de l'Afrique, sa lumière, son tumulte, ses parfums... et du froid ressenti en elle à son arrivée en France. Un froid d'autant plus mordant qu'elle a vécu ce retour comme une injustice, et une violente trahison/déception... 
L'incompréhension, la dépression qui a suivi, le psy, les médicaments la déconnectant de son esprit, de son corps, de (l'incompréhension/la dureté de) ses parents, expliquent peu à peu ses choix et agissements, ses doutes, sa liberté, ses excès, et le soulagement partiellement trouvé dans l'écriture. 
L'apaisement aussi apporté par Paul, par leurs enfants (malgré la peur et les difficultés que traverse toute maman), par le souvenir de sa grand-mère...  Mais la douleur, toujours présente, malgré tout. 
Celle qu'elle appelle "la Bête", causée par un évènement qui lui fit perdre confiance au moment où elle se construisait, 
finira-t-elle par s'effacer?

La belle affaire est un livre à l'ambiance alanguie, intimiste, au personnage principal aussi fort que fragile, vivante, insaisissable; une histoire de coeur(s), "d'exorcisme", de renouveau, de ces réparations à faire soi-même tout en s'ouvrant aux autres, pour trouver les réponses salvatrices.

"Tu sais, Nadja, l'amour... La belle affaire!"

L'auteur(e) >> Sonia Ristić est née en 1972 à Belgrade. Elle a grandi entre l’ex-Yougoslavie et l’Afrique, et vit à Paris depuis 1991. Après des études de Lettres et de Théâtre, elle devient comédienne puis metteuse en scène. Elle a aussi travaillé avec plusieurs ONG. En 2004, elle crée sa compagnie de théâtre, Seulement pour les fous. Elle encadre régulièrement des ateliers d’écriture et de théâtre, en France et à l’étranger.

Les éditions Intervalles : http://www.editionsintervalles.com