parce que tu me plais

Le "héros", personnage principal, de ce premier roman, a 25 ans...
J'en ai 14 de plus... j'ai donc plutôt lu ce livre un peu comme une plongée dans son univers de jeune-des-années-2013... 

Et j'en ai ressenti un certain soulagement de ne pas avoir moins de 30 ans de nos jours :-), tout en m'amusant plutôt en lisant ce Lolita Pille au masculin (...).

L'histoire >>
Théo n'est pas du genre à se faire du souci dans la vie. Avoir de l'herbe de bonne qualité, des plans d'incruste réguliers et des copains disponibles pour regarder les filles depuis une terrasse ensoleillée suffisent à son bonheur. Il a une vingtaine d'années, sillonne Paris sur son scooter, ne fait presque rien, et ne souhaite qu'une chose : que cela dure.
Et voilà qu'un jour, alors que Théo s'empoigne avec une clocharde qui lui demande de l'argent, une jeune fille élégante le reprend sur son comportement. Théo n'en revient pas : d'une part de sa beauté, d'autre part de son culot. La belle Diane, riche, bien élevée, pleine de principes, vient de débouler dans sa vie.

On passe un assez bon (et rapide) moment en compagnie de Théo, de Diane et de leurs satellites (amis parasites, parents absents...)...
Ok le langage est très parlé et très "jeune", et certains lecteurs ne comprendront peut être pas tout le vocabulaire employé (ouf, je n'ai pas eu à chercher/demander, mais je suis aidée, j'ai une ado à la maison :-)) (ceci étant, je vous "rassure": en écrivant ce billet, mon correcteur d'ortographe n'a pas reconnu le mot "kiffer", j'ai alors un instant imaginé le manuscrit de Fabien Prade tout surligné par un Word affolé ;-)), c'est un peu vulgaire, avec un certain rejet de la société mais aussi une douleur et une douceur à peine masquées derrière ce fragile rempart... 

On s'immerge illico dans ce "journal intime" d'un looser-glandeur-middle-class plutôt attachant finalement dans sa découverte de sentiments qui lui étaient totalement étrangers jusque là, et le dépassent tellement qu'il part un peu en vrille... une plongée/name-dropping-de-lieux dans le Paris branché (qui peut un peu agacer), la consommation de drogues si facile, le deal, l'argent qui tombe sans devoir bosser et le "challenge" amoureux...
Il n'y a rien de trop dans cette description crue, réaliste et, il faut l'admettre, flippante... 
Alors oui, on râle, mais on rit aussi dans nombre de scènes et dialogues énergiques, voire excités (ou révoltés)

Il me semble que ce roman/court métrage peut surtout plaire à la jeunesse parisienne et/ou aux fans d'auteurs jeunes ou hors contrôle-style-Beigbeder-Easton-Ellis (d'où sûrement sa sélection pour le prix de Flore annoncée hier), mais qu'il vaudrait peut être mieux déconseiller aux amoureux de littérature "plus classique" (ainsi qu'aux "parents" qui, comme moi, risquent ensuite d'avoir des sueurs froides à l'annonce d'une prochaine sortie :-)). 


"La pression, tu te la mets tout seul. En passant ta vie à essayer de faire kiffer tout le monde, ta meuf, ton patron, tes parents.  Il faut qu’ils soient tous contents, rassurés, c’est ça le but ? Mais c’est relou!"