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Orange Is the New Black, est une série télévisée américaine à grand succès, créée par Jenji Kohan et diffusée depuis le 11 juillet 2013 en France sur Netflix.Produite par Lionsgate Television, elle est basée sur le livre autobiographique Orange Is the New Black: My Year in a Women's Prison, de Piper Kerman.

J'ai regardé la première saison, et j'ai eu envie de lire le livre. Car j'étais un peu destabilisée, pas déçue, juste perplexe...
Je m'attendais à autre chose, pas nécessairement "mieux", mais plus enlevé, voire peut être un peu plus "drôle" (sûrement l'effet buzz, et titre...)...

Cela n'enlève en rien à la qualité de la série, je dirais même au contraire (et je ne vais pas vous dire que je n'ai pas vu les passages amusants, cyniques ou grinçants, mais il y en a peu, quand même, non? Bon, peut-être que cela change avec les Saisons 2 ou 3...).

Donc, la 4ème: Orange is the new black raconte l'histoire vraie de Piper Kerman, jeune femme ordinaire : un emploi, un compagnon, une famille aimante; très loin de l'intrépide étudiante qui a livré une valise d'argent sale dix ans plus tôt. Mais le passé la rattrape : condamnée à quinze mois de prison, elle devient le matricule 11187-424.
Rien ne l'a préparée aux surveillants abjects ou indifférents à sa souffrance, aux douches crasseuses, à la promiscuité et à la solitude. Ni aux rencontres avec les autres détenues, amies ou ennemies, féroces ou résignées. C'est ce monde humiliant et déshumanisant qu'elle décrit ici. Elle parvient cependant à surmonter cette épreuve, à résister au désespoir, à contourner les règles de la prison.

Entre nous, j'ai largement préféré le livre... que j'ai trouvé bien plus prenant (on ne le lâche vraiment pas), humain, touchant et positif que la série. En cours de lecture je me suis même fait la réflexion que c'était presque un Mange Prie Aime (ou un Wild...), "nouvelle version", dans l'apprentissage de soi, de ses capacités, ses forces/limites, les rencontres, les partages, tout cela en dehors d'un temps "classique", d'une vie ordinaire, une parenthèse... loin d'être enchantée (pour Piper Kerman) mais finalement pleine d'enseignements.

Ici, au-delà de l'épreuve/du chemin parcourus par l'attachante héroïne, nous partageons avec elle son évolution dans le milieu carcéral, depuis son saut dans le vide quand elle arrive pour se livrer (après une loooongue procédure), bouffée par la peur, jusqu'à sa sortie.

orange-is-the-new-black-304xx683-455-34-0Si je compare un peu série/récit... j'ai trouvé le livre plus sensible et plus centré sur Piper que la série, qui, elle, nous montre la vie des autres détenues avant leur incarcération. Mais ce qui m'a surtout interpelée c'est combien la série est bien plus sexe-orientée que ne l'est le livre (même s'il y est question de lesbianisme et des abus/rapports avec des gardiens, c'est toujours de manière simple et plutôt formelle...). Amusant. Mais pourquoi pas?! Il fallait bien apporter un côté plus "trash" à l'histoire.
Et, finalement, série et récit se complètent assez intelligemment.
 
Bref, Orange is the new black est un témoignage intime et sincère.
Un récit par le biais duquel on découvre ce monde dont on ne parle pas, ou peu, ses lourdeurs administratives, ses "injustices", ses règles infantilisantes, ses routines, ses subtilités, 
le manque d'intimité, les clans par appartenances ethniques, les ateliers, l'entraide, l'amitié, les maladies, les luttes parfois... et l'importance (totalement absente de la série, à moins que je ne me sois endormie.....des contacts/soutiens extérieurs ainsi que le refuge dans la lecture de la presse ou de livres, pour ne pas décrocher du monde extérieur.
Car le livre prend un aspect plus factuel sur la fin, pour sensibiliser au fait que l'enfermement (dans des prisons surpeuplées) créé un isolement dont on souffre mais auquel on peut aussi s'habituer, un isolement parfois moins justifié pour certaines que pour d'autres (et le cas de Piper Kerman souligne combien cela peut arriver à tout le monde...), un enfermement qui tire vers le bas (et ne facilitant pas la réinsertion) dont elle s'est bien sortie (...), mais sur lequel elle tient à attirer l'attention de l'opinion publique et de l'Etat.
Elle oeuvre d'ailleurs depuis pour l'amélioration/réformation des conditions de jugement/de détention, par le biais de fondations et interventions.

"... certaines détenues (...) semblaient avoir oublié le monde extérieur. Il faut essayer de s'adapter tout en restant prêts à sortir, et ce n'est pas facile. Parce que la prison et celles qui y vivent monopolisent vos pensées, on a du mal à se rappeler ce que c'est d'être libre, même au bout de quelques mois seulement. On passe beaucoup de temps à se lamenter sur l'horreur de la prison au lieu de songer à l'avenir. Rien dans le fonctionnement quotidien du système carcéral n'incite à se concentrer sur ce que sera la vie à l'extérieur, quand on sera redevenu libre. La vie dans l'établissement écrase tout. C'est une de ces terribles vérités de l'incarcération: l'horreur de la vie derrière les barreaux chasse de l'esprit le "monde réel"." 

L'auteur(e) >> Piper Kerman est vice-présidente d'une société de communication située à Washington D.C., travaillant avec des associations caritatives et des fondations. Orange is the New Black, récit autobiographique, raconte l'année qu'elle a passée en prison pour blanchiment d'argent. Son site: http://piperkerman.com/
Elle vit aujourd'hui à Brooklyn avec son mari, Larry Smith, éditeur et auteur (qui a notamment écrit quelques billets en 2010 sur leur expérience dans le New York Times, extrait ici...)

Les éditions Pocket: http://www.pocket.fr/livres-poche/