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Petites scènes capitales c'est un roman sur les "petits riens" en apparence...
Dans un style sobre, Sylvie Germain fait éclater l'infime et l'éphémère au grand jour dans une poésie riche et prenante.

Vivre, malgré le deuil, les morts, le vide, les questions provoquées par un profond sentiment d'abandon, les secrets, les détresses tues. 
Se découvrir un autre prénom légal que celui que l'on porte au quotidien et se chercher.
Lili-Barbara doit se construire avec un manque, apprendre à vivre sur des décombres (autant personnelles que celles de l'après guerre), en cherchant constamment l'attention d'un père, et sa place dans une famille "recomposée" qui se re-décompose... 
Devenir adulte avec ces déséquilibres.
Et faire le choix de pardonner ses maladresses à la vie, la laisser gagner.

Ce roman est une succession de gravures ciselées et très visuelles, une mémoire qui fixe des détails qui raccrochent à la beauté, des instants de vie qui restent et façonnent, entraînent des erreurs, motivent des choix, modifient des trajectoires.

Des scènes capitales, des déclics, des notes musicales qui s'enchaînent pour en faire une partition bienveillante sur la création/découverte de soi dans une très douce harmonie. 
(titre figurant dans la première sélection du GONCOURT)

"Elle ne rêve plus d'une autre famille, elle ne souhaite plus un autre passé que celui qui est le sien, tout semé de trébuchements et de déconvenues, de pertes et de renoncements soit-il, et jalonné de deuils. Elle n'éprouve ni regrets ni rancoeurs, elle a eu son lot de joies et de plaisirs aussi, ses jours d'allégresse  ses heures d'exultation, elle a vécu selon ses goûts et ses désirs, en liberté. Elle accepte de payer le prix de cette liberté, laquelle a parfois ressemblé à de l'indécision et à du faux fuyant, d'autres fois à des choix résolus.
La liberté, comme l'amour, a un coût, celui de l'intranquilité, ni l'un ni l'autre ne sont jamais acquis."