Ce que

Pour la première fois, Nikos Aliagas se dévoile, avec pudeur et fierté, dans ce livre dédié à sa fille. Journaliste, animateur de télévision et de radio connu et reconnu du grand public, Nikos Aliagas a vécu l’événement le plus bouleversant de son existence: devenir père. 
À l’occasion des deux ans d’Agathe, il replonge dans son histoire familiale avec une douce nostalgie, évoque son rapport viscéral à la terre de ses ancêtres, à sa double culture, et raconte avec passion comment les enseignements de la Grèce antique ont pu l’aider dans les moments clés de sa vie. Le kairos, la mètis, la philia… Autant de principes fondateurs que lui a offerts son pays de coeur, autant de valeurs qui l’ont façonné et qu’il souhaite partager, à son tour, avec sa fille pour qu’elle puisse trouver son chemin dans le monde d’aujourd’hui

Avant-propos: certains le savent déjà, car je n'en fais pas un secret, je travaille pour la même chaîne télé que Nikos. Je l'ai même côtoyé lorsque je travaillais à l'antenne de ladite chaîne et j'en ai toujours gardé un agréable souvenir car c'est une personne bienveillante, droite, authentique, volontaire et drôle (et ce ne sont pas Jean-Christope Rufin, qui signe la préface, ni Nathalie Le Breton qui signe un avant-propos, qui diront le contraire).
Je n'ai donc aucune intention de vous en dire du mal, j'ai peut-être même du parti pris, MAIS j'ai écrit ce billet sans que ne m'effleure l'idée/l'envie de lui servir la soupe (je lui ai suffisamment servi de café... ;-)).

D'ailleurs la télé reste très en retrait dans cette lettre écrite à sa fille, Agathe, même s'il y aborde, 
avec recul, reconnaissance et lucidité, le sujet de sa notoriété, et sa conscience manifeste de la fragilité/l'éphémère de celle-ci. 

Ce que j'aimerais te dire est comme un fil d'Ariane entre un père et sa fille, un père conquis par un petit bout de femme, à laquelle il a simplement envie de dire son amour, et de transmettre sa philosophie de vie/ses valeurs, pour la préserver des dangers qui la guettent, tout en sachant que ce ne sera pas toujours possible... Alors il lui écrit la promesse la plus douce et précieuse qui soit, celle d'être là pour elle, et de faire de son mieux (avec sa femme) pour lui montrer des embryons de pistes, lui inculquer force, droiture et humilité, ainsi que le courage de toujours se relever, d'aller à la découverte des autres, accepter ses différences et savoir saisir ses chances.
Car c'est ce qui caractérise aussi beaucoup Nikos, cette capacité à saisir l'instant, ce regard posé sur les autres (ses photos le prouvent), tout en gardant un oeil tourné vers ses origines, ses racines, sa double culture, son respect des liens familiaux et du parcours de ses parents et ancêtres. 
Et savoir d'où l'on vient, porter en soi l'exil, le courage des siens, ça aide à se lever le matin, à garder le sens des réalités, ne pas (trop) perdre un temps précieux (le thème de la mort est très présent), et savoir reconnaître les évidences.

Bien sûr certain(e)s trouveront cela naïf, il faut toujours des mécontents, ce seront d'ailleurs probablement les mêmes qui deviennent caramels-mous-voix-qui-monte-dans-les-aigus devant leurs propres enfants...  
Mais d'autres (comme moi) seront touchés par la sincérité, la vulnérabilité et le désir de bien faire qui ressortent de ce livre.
J'y ai lu les mots d'un fils reconnaissant, et d'un père érudit (faisant référence à de nombreux mythes grecs - kairos, nostros, mètis, philia...), fou d'une petite fille dont l'innocence le désarme.
Un papa fier, protecteur, ancré, lucide, qui, 
face au vertige que représente la paternité, dépose dans ces 200 pages un pudique témoignage sans prétention, plein de promesses, de partage et de sagesse.


"Il n’y a pas de place à prendre, il y a la place que l’on se créé."

L'auteur >> Nikos Aliagas a déjà publié Allez voir chez les Grecs en 2003 (éditions JC Lattès), et un recueil de photos prises avec son smartphone en 2011, Nikos Now (Editions de l'Acanthe).
Les éditions NIL: http://www.nil-editions.fr/site/page_accueil_site_nil_editions_&1.html

Et parce qu'en écrivant ce billet j'ai eu cette chanson en tête >>
Benjamin Biolay - Ton héritage (2013)