9782845741423FS

Solo est pour moi le troisième roman que je lis d'Eric Genetet, après Le Fiancé de la Lune, puis Et n'attendre Personne...
Pourtant, ce fut son premier roman, écrit en 2005.

On trouve déjà dans ces pages son style précis, court, rapide, épuré.
On trouve aussi déjà dans ces pages cette désillusion qui touche, parle et résonne en chacun de nous (me semble-t-il...).
Ces rapports "amoureux" si compliqués, au début si simples et enflammés, capitulants devant l'usure.
Et le "zapping" si facile...

En sous titre il y a écrit "l'homme qui avait peur d'aimer", selon moi ça aurait aussi bien pu être "l'homme qui avait peur de se battre"...
Solo c'est donc l'histoire d'Antoine qui a peur des sentiments, de l'engagement, de l'abandon, c'est l'histoire d'une vie sentimentale comme un match de boxe, un homme qui veut briller mais dans ses gestes bégayants et ses mots qui cognent, laisse ses partenaires sonnées après le choc de la rencontre et des espoirs imaginés, un homme qui reçoit aussi des droites et des uppercuts, 
esquive, chancèle, tombe, se relève... 

Ca se voit qu'Eric Genetet est journaliste sportif.
Et qu'il sait ô combien "qu'on a chacun notre Foreman".
Qu'on a tous un challenge en nous. Un grand, un petit, peu importe. 
Mais on a tous un combat à mener.
Qu'on doit tous accepter malgré les coups bas que l'on reçoit ou que l'on donne, d'avancer en tenant bien sa garde.
Pour un jour, peut être, la relâcher et que tout soit illuminé.

"Je veux courir sur le bitume des villes, chaque jour comme Ali, je veux souffrir de mes foulées qui s'allongent, passer des heures dans l'effort. Courir. Préparer mon combat contre plus fort que moi, sans faille, sans renoncement, aller loin, m'épuiser, et plus encore. Chacun son Foreman. Avaler les espaces pour un K.-O. final. Chacun son Foreman. Jusqu'au gong serrer les poings, tourner autour, les muscles éveillés par le désir d'en finir. Chaque goutte de sueur froide perlera sur la peau et s'abandonnera dans la moiteur, direction les anges, associés de mon assaut prodigieux. Courir encore, des heures. Recommencer demain, préparer l'attaque. Exploser la peur."