Simon Anna

Lorsque sa compagne le quitte brutalement et sans explication, Simon s'effondre. Pour ne pas perdre totalement pied, il décide d’aller passer quelques jours dans le village alsacien où il a vécu les moments les plus heureux de son enfance. C’est là, dans un petit hôtel, qu’il fait la connaissance d’Anna, venue mettre de l’ordre dans un passé douloureux. Bientôt, la neige se met à tomber et la machine des souvenirs s’éveille. Simon écoute l’histoire d’Anna, qui le distrait de la sienne et de sa tristesse. Ils ignorent l’un et l’autre que ce récit va mettre au jour le ressort caché de leurs existences – et peut-être leur offrir une vie nouvelle…

Une rupture, la perte, l'incompréhension et l'équilibre à retrouver par soi-même...
C'est pour cela que Simon "fuit", quitte son appartement déserté, et part se ressourcer dans une ville/un hôtel qui lui rappelle son enfance, pour essayer de ne pas se ronger, laisser son téléphone dans sa chambre, et marcher.
Anna, elle, est revenue un peu contrainte et forcée, pour assurer la vente de la maison de sa mère décédée.
Leurs deux solitudes vont se percuter, puis se livrer, petit à petit, se faire surprendre par le sort, joueur.

Simon, Anna, les lunes et les soleils est un roman sur le deuil, la rupture, l'absence, l'enfance, la filiation, l'identité... Les chocs qui font soudain revoir des personnes/aspects/moments de sa vie, et de l'Histoire, différemment. Et les voyages qui prennent un sens.

Oui ce sont des thèmes somme toute "classiques" me direz-vous, mais Verena Hanf les traite avec une mélancolie douce, une plume élégante et poétique (que j'avais déjà beaucoup aimée dans son titre précédent: Tango Tranquille).
Et, au-delà des deux personnages principaux, compte aussi beaucoup le "décor", la nature, l'hôtel, la maison, dans lesquels nous évoluons avec eux, ces lieux où le temps semble s'être arrêté, attendant le signe que la vie peut enfin reprendre.

Un livre intimiste et gracieux, sans naïveté, avec des pointes de cynisme et d'humour, Simon, Anna, les lunes et les soleils est un concentré de vie(s), qui nous emporte dans sa note d'espoir. 

"L'air ne me refroidit pas, j'ai chaud, je respire, j'expire, je transpire, un point de côté me force à ralentir à m'arrêter, à regarder le ciel entre les villages, un ciel dégagé, qui me trahit une fois de plus, je baisse les yeux, les ferme, du calme, Simon, respirer, expirer, raisonner. Mais pour raisonner il me faut du recul, et pour reculer il me faut de l'espace, un espace que j'ai appris à créer dans mon esprit depuis que j'ai l'âge de raisonner. Un espace que je m'ouvre intérieurement quand il y a trop de questions, trop de choses à comprendre en même temps. Respirer, expirer, espacer.
Je me force à visualiser la voie lactée, à me souvenir que c'est une voie parmi des milliers d'autres, qu'il y a des systèmes solaires et des galaxies infinies dans un espace sans limites. Face à cette immensité, microscopique poussière d'être que je suis, quelle importance les mirages? Quelle importance tous ces chemins terrestres qui se croisent? Ces vers de terre qui se lient les uns aux autres se détachent, s'arrachent, se décomposeront un jour? Ces minuscules trames qu'ils tracent sur cette petite planète, bleue, bossue, remplie de failles bien plus profondes que celles qui génèrent mes petits bobos à moi?"
 

L'auteur(e) >> Verena Hanf est née en 1971 à Freiburg (Allemagne). Son père est allemand, sa mère égypto-libanaise. Elle a étudié la sociologie, la politique et le journalisme en Belgique, en Angleterre et en Allemagne. Elle est aujourd’hui rédactrice dans une association qui soutient des projets pour les enfants dans des pays en voie de développement. Elle partage son temps entre l’Allemagne, où elle travaille, et Bruxelles, où elle vit avec son mari et ses enfants, et où elle a écrit, en français, son premier roman, Tango tranquille (sélectionné pour le prix René-Fallet et le prix du premier roman de l'association bibliothèques pour tous de la Sarthe.)

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