inside

Alix Ohlin est une jeune écrivain née en 1972 et je n'avais encore rien lu d'elle.
Ceci étant, c'est son premier roman traduit en français, ça peut un peu expliquer cela...
A l'origine j'avais été attirée par la couv' avec cette boule à neige vide et ce titre "Inside" (dedans, en français) au milieu. J'avais trouvé cela assez joliment symbolique, cette bulle en attente...

L'histoire >> Psychothérapeute de talent à Montréal, Grace tombe par hasard, alors qu’elle skie pour se changer les idées, sur le corps inanimé d'un homme qui vient de faire une tentative de suicide. Elle n’hésite pas à secourir ce mystérieux inconnu mais réalise très vite que ses sentiments pour lui ne sont pas aussi simples qu’elle veut bien l’admettre. Sortant difficilement d’un divorce douloureux, Grace se sent irrésistiblement attirée par cet homme qui semble cacher tant de choses… Entre-temps, une de ses patientes, Anne, une adolescente troublée qui vient d’avorter, s’enfuit à New York pour faire du théâtre. Quand elle trouve, quelques années plus tard, une jeune fugueuse enceinte réfugiée dans le hall de son immeuble, Anne ne peut s’empêcher de la recueillir chez elle. Pour le meilleur et pour le pire… Mitch, thérapeute à la dérive - et ex-mari de Grace -, fuit le bonheur de peur qu’il ne se sauve. Il quitte la femme dont il est amoureux et part en mission dans une communauté en difficulté de la région arctique. Á son retour, une vieille amie lui apprend que Grace a été victime d’un accident de voiture. Immobilisée, cette dernière a besoin d’aide, notamment pour s’occuper de sa petite fille. Peut-on renouer des liens après dix ans d’absence ? Á l’intérieur se déroule sur une décennie, nous promenant de Montréal à New York en passant par Hollywood et le Rwanda.

Bon... La lecture du "résumé" de l'histoire vous aura probablement fait comprendre quel a été mon "souci" à cette lecture: un peu trop de personnages se croisant, se perdant, se retrouvant sur plusieurs années.
Attention, ce n'est pas que je sois contre, mais là j'ai trouvé ça un peu trop "feuillu" (à vrai dire un peu trop "remplissage"...).
MAIS cela ne m'a pas empêchée de lire ce roman rapidement et avec plaisir, sans trop m'impliquer dans la vie des personnages auxquels je ne me suis pas totalement attachée, mais que je suivais tout de même avec curiosité (surtout Grace, personnage principal).

Ça n'est donc pas un coup de coeur, mais ça reste vraiment une jolie histoire.
Qui pose de vraies questions qui méritent que l'on s'arrête un peu dessus: sur l'identité, sur l'utilité d'une thérapie, sur l'amour, les séparations, le renouveau, le handicap physique, la dépression, l'adolescence, la solitude, l'altruisme... le poids du passé/des traumatismes sur nos choix présents.
On en profite aussi pour voyager, Montréal, puis l'Artique, Los Angeles, Rwanda, New York...
Mais en multipliant les destinations est les interlocuteurs, Alix Ohlin m'a donc un peu perdue en route. Tout en contant une histoire chorale dans une écriture addictive qui fait que je vous en parle aujourd'hui (car, vous le savez, je ne parle pas des livres avec lesquels j'ai eu des rendez vous totalement manqués).
Les thèmes abordés sont loin d'être légers et pourtant on ne ressent pas de tension à cette lecture vraiment fluide, l'écriture/la très bonne traduction est maîtrisée et touchante d'une douce humanité, avec une jolie morale sur les ambitions/Les amours déçues, les cycles, les revanches et l'ironie de la vie qui continue.


" "Je ne comprends vraiment pas, disait la mère d'Annie. Ça ne se fait pas. Les gens ne disparaissent pas comme ça."
Grace trouva les mots justes, les mots rassurants, et elles restèrent au téléphone pendant une heure. Mais tout au long de la conversation, elle pensait: si, ils font ça. Les gens disparaissent tout le temps."