Elle_marchait_sur_un_fil

À cinquante ans, Marie se retrouve seule. Telle la marée montante, la vie a effacé la trace de ses pas. Un autre chemin reste à inventer. La rencontre d’un groupe de jeunes comédiens lui ouvre de nouveaux horizons : elle montera avec eux le spectacle qu’elle avait imaginé pour son fils. Mais le rêve peut tourner à la tragédie. Les parents doivent-ils influencer le devenir de leurs enfants? Que reste-t-il à créer lorsqu'on entame la seconde partie de sa vie?

J'aime beaucoup Philippe Delerm, ainsi que sa femme (Martine), et son fils (Vincent... haha...), alors, comme à chaque parution de ses oeuvres, j'étais impatiente de lire Elle marchait sur un fil.
Peut être en attendais-je trop?
Disons qu'en comparaison avec d'autres livres que j'ai lus de Philippe Delerm, je dois avouer que ce n'est peut être pas son meilleur (à mes yeux), et je comprends les avis mitigés, MAIS... bien que j'aie trouvé cela un peu "inégal", j'ai été touchée par ce roman.

Il y a toujours cette nostalgie douce, cette vision de la vie 
chère à Philippe Delerm, simple mais grave aussi. Il sait depuis toujours décrire les équilibres précaires, les détails de ces moments passés à osciller entre volonté et résignation, ce fil, sur lequel nous avons et/ou aurons tous et toutes eu à marcher.

Certains passages peuvent paraître moins "crédibles", quoique la vie reste suffisamment surprenante... mais dans l'ensemble je me suis laissée emmener dans l'histoire, cette période charnière d'une vie, cet entre-deux, ces questionnements, entre craintes, bilan, fragilités, rejets, envies et bascules... et où la folie n'est pas loin.
Marie (à laquelle je ne me suis malheureusement pas trop attachée
a 50 ans (et ne connaît pas la "zénitude" "de l'âge", dont on nous rebat parfois un peu les oreilles...), elle se retrouve abandonnée par celui qu'elle aimait, a une adorable petite fille mais subit l'éloignement de son fils, voit un voisin-ami décliner, occupe un boulot d'attachée de presse qui ne lui convient plus, elle subit ces "attaques" et se raccroche (trop), du coup, à un projet qui lui tient à coeur/l'obsède dangereusement. 

En conclusion, Elle marchait sur un fil est un roman déconcertant, contenant une certaine désillusion, une mélancolie, un sentiment de fatalité, et de jolis passages-clins-d'yeux à l'art, au théâtre, à Proust et sa recherche du temps perdu. 
Une lecture, que j'ai globalement prise comme une mise en garde, jamais inutile, sur le danger de ne pas se chercher/retrouver soi-même, de ne pas apprendre la solitude, de compenser des absences par la présence d'autres personnes quand il faut tenir l'équilibre par soi-même.


"Et je quitte peut-être aussi des gens pour des chimères et pour des gens que je connais à peine. Je suis sans doute folle. Mais je sens où le feu de la vie me brûle. J'ai tellement envie de brûler. Et tant pis si je quitte un peu les autres.
Je n'en pouvais plus d'être quittée."


L'auteur (que l'on ne présente presque plus :-)): Philippe Delerm est né en 1950, il est notamment l'auteur de La Première Gorgée de bière, Le Bonheur tableaux et bavardages, Je vais passer pour un vieux con...

Les éditions du Seuil: http://www.seuil.com