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Que se passe-t-il dans une librairie quand les portes se referment pour la nuit?
Au moment où arrivent les imposants cartons de la rentrée littéraire, les livres déjà présents sur les tables s’inquiètent. Que vont-ils devenir face à ce déferlement? Plusieurs ouvrages décident de résister! Dès que le libraire ferme ses portes, ils se mettent à comploter, à imaginer une stratégie pour trouver ou conserver leur place sur les tables. Mais le « premier roman », « l’académicien », le « conteur », le « grand écrivain » n’ont pas tous les mêmes idées et les mêmes intérêts… Très vite c’est la guerre entre eux.
Un événement vient troubler les plans de chacun : une jeune libraire débarque dans la librairie, avec des idées et des envies nouvelles. Sera-t-elle une alliée? une menace?

La rentrée littéraire de septembre, ses nouveautés qui arrivent par cartons entiers avec parfois même des titres non demandés par le libraire qui se tranforme en manutentionnaire.... c'est plutôt l'angoisse.
Et pas seulement pour ledit libraire, mais aussi pour... les livres déjà présents sur les étagères du fond (= le Boudoir), qui craignent d'être les prochains à être renvoyés chez leur éditeur et à partir au pilon!

A la manière d'un scénar à la Disney/Pixar avec de l'ADN de Sergio Leone dedans, ce roman, sous la forme d'un conte original, mêlant au réel des personnages savoureux et représentatifs de l'offre littéraire (l'Académicien, le Conteur, Grand, premier roman etc, qui gardent sous leurs couvertures les sentiments de leurs auteurs respectifs...), en plein conflits d'intérêt, connaissant la difficulté de mener à bien une "révolution", de fédérer/affronter les autres.
Une amusante mise en abyme d'un roman traitant du sort difficile voire cruel que connaissent de nombreux livres, leur courte espérance de vie... leur jalousie/antipathie envers les best-sellers qui monopolisent l'attention (et ont de belles jaquettes et/ou bandeaux); et l'arrivée des livres numériques qui change un peu la donne (ce qui nous vaut un exquis échange livres/liseuse).
Un roman qui nous parle également des pratiques (parfois incomprises) des lecteurs (parfois "paresseux"), et du
 (pas si facile) quotidien des auteurs, de l'écriture aux grands moments de solitude connus parfois dans les salons.... ainsi que le quotidien d'un attachant libraire un peu usé/sur le départ, et de son (attachante, aussi) apprentie qui tait ses frustrations, ses espoirs et suggestions afin de tenir tête à un géant de la vente en ligne...

Une immersion dans le monde de l'édition/des livres/des auteurs/des libraires, un condensé de vie, très drôle, très fin, piquant, animé mais aussi profond et réaliste, qui, je pense, et malgré quelques petites longueurs, saura emballer et parler à de nombreux amoureux des livres (qui ne regarderont plus ceux de leur bibliothèque du même oeil).

Les avis de Jérôme d'une Berge à l'autre, de Keisha, de Stephie, et Leiloona.
Et ici, mon billet sur le livre/recueil de nouvelles de Bertrand Guillot: le métro est un sport collectif.

"La vie littéraire est, comme la vie, soumise aux lois de la sélection naturelle. On y est donc en état de guerre perpétuelle. Mais l'art est de vivre sur le champ de bataille sans se battre et sans être blessé."

L'auteur >> Bertrand Guillot est l'auteur de quatre ouvrages : le roman Hors-jeu (Le dilettante),  B.a, ba (Editions rue fromentin), son livre-reportage sur l’illettrisme et Le métro est un sport collectif (Editions rue fromentin), recueil de chroniques consacrées au métro parisien, et Sous les couvertures (Editions rue fromentin - 2014).
Son blog: http://secondflore.hautetfort.com

Les éditions rue fromentin : http://ruefromentin.com

Livre qui faisait partie de ma PAL, également lu dans le cadre du comité de lecture de la médiathèque de Saint Quentin en Yvelines.