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Marc Molk est peintre et écrivain.
Des expositions collectives ou personnelles lui sont régulièrement consacrées ; la dernière en date, « Le ciel bleu sur nous peut s’effondrer », s’est tenue à l’automne 2012 à la galerie Da End dans le 6e arrondissement de Paris.

>> "Le ciel bleu sur nous peut s'effondrer"... mais tiens, ça aurait pu être l'introduction, ou la conclusion, de ce roman!
Tant il parle d'effondrement, justement...
Et tant c'est aussi une sorte d'hymne à l'amour (douloureux)/à l'amitié (chaotique)/ à la nature (menacée/défigurée) de la part de l'auteur 
(et sous le ciel bleu de Provence).

Un roman dans le genre des Petits Mouchoirs, de Guillaume Canet, nous plongeant dans un groupe d'amis passant des vacances dans un mas du le sud de la France.
Ici nous suivons le personnage principal (qui s'adresse à nous en écrivant "vous", nous entraînant encore plus avec lui), un peu seul au milieu du groupe, désenchanté, ironique, faisant face à des réalités qui font mal, l'impuissance, la lâcheté... et face finalement à des amis qui ne sont pas toujours d'une aide aussi précieuse que l'on aurait pu croire...

Un homme qui a une ex femme et des enfants, fait le bilan de leur histoire, de ce couple, du début/la rencontre/les premières fois jusqu'au point final, absurde.

Un homme bourré d'angoisses, las, à la colère/douleur discrète, pensif, entouré de souvenirs, et de couples, avec ou sans enfants, sauvant eux aussi tant bien que mal les apparences.
Un groupe qui partage le même poids d'un même drame, vivent la même culpabilité...
Un groupe comme un autre aussi, qui débat au frais sur la terrasse sur le mariage homosexuel, la politique, la procréation, l'architecture, puis joue des pièces, se baigne, boit, mange, fait des concours culinaires un peu ratés... et vit ici son dernier été...

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Auto-fiction ou pas, on s'en fiche, même si le narrateur, avec humour, sensibilité, esthétique (nd"m"r: dans une mise en page épurée dont je félicite l'auteur et la maison d'édition), nous donne le sentiment de se confier de manière intime, s'arrêtant sur certains souvenirs (autant amoureux, que sexuels, que vestimentaires > avec une apparition des sous pulls en polyester de notre enfance :-)) ou certains détails tendres (de la dégustation difficile de pommes d'amour... à des lettres d'amour >> et des lettre comme celles qui se trouvent dans ces pages, on aimerait bien en recevoir au moins une fois dans sa vie...!).
Il nous
 livre la puissance des émotions qui le submergent, nous montre sans réserve les banderilles, le sang et les plaies, puis s'affranchit... 

Voilà, la disparition du monde réel, c'est un tableau sans concessions, juste, rude et patiné à la fois...
Un roman sur la certitude
(les années passant et la quarantaine frappant), de la disparition/variabilité/volatilité de nos certitudes...

 

"Subitement des pleurs à retenir vous serrent la gorge. Vous avez mal au dos, mal aux dents, mal à la tête. Vous n'ête plus ambitieux, vous n'êtes plus véritablement amusant, vous êtes tout ce qu'il y a de plus essoufflé. Quoi qu'ils en pensent, vos amis sont comme vous, à peu de choses près."

"Vous n'avez la plupart du temps que le sentiment global d'un abandon. D'évidence vous avez survécu, d'évidence, quelque chose de dur, d'acerbe et de sablonneux maintenant vous habite."...

 

(playlist de ce billet: l'album Aventine, d'Agnes Obél... ce qui correspond pas mal à l'atmosphère nostalgique du roman, je crois...)

(PS: du coup, très envie d'aller à la rencontre du premier roman de Marc Molk, Pertes Humaines)

Pour finir: allez donc lui rendre visite sur son site! : http://www.marcmolk.fr