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Harold Cobert dans Dieu Surfe au pays Basque (que je vous re re re conseille) nous avait parlé avec beaucoup d'émotion de l'épreuve de la non rencontre avec son futur enfant, disparu avant d'exister aux yeux des autres...

Ici, nous retrouvons le Pays Basque cher à l'auteur, Dieu, aussi, oui, un peu, beaucoup...
Et le thème de la filiation, ainsi que du rendez vous manqué qui écorche.
Ou plutôt, DES rendez vous manqués... un (grand) père rude, violent, qui part, laisse sa famille livrée à elle même, et son fils, Christian, sans mode d'emploi des responsabilités dont il écope...
Mais il s'en sort. Et l'on traverse avec lui les années 60/70, la naissance du rock'n'roll (et une ambiance narrative/bande son qui ravieraient/ront Philippe Manoeuvre), une révolution musicale qui chahutera les esprits, accompagnera les mouvements sociaux, engendrera les premiers DJ, ce que deviendra Christian avec succès. Mais un succès auquel on renonce parfois par amour et par nécessité, Christian va donc quitter Paris, partir vivre à Bordeaux, et apprendre la paternité.

Car, lancé comme dans un chamboule-tout, arrive Victor... que l'on suit de sa naissance, où, déjà, il crie..., à sa vie d'étudiant en passant par ses premiers émois, ses amitiés, ses études chez les pères jésuites... sa passion pour le surf et les vagues en colère comme lui...
Victor se retrouve face à un père présent mais maladroit, tatonnant, à qui il ne laisse pas trop sa chance, malgré le parallèlisme de leurs vies, et déjà bien avant que ses parents ne s'éloignent et divorcent...
Un Victor antipathique, fils unique colérique, exigeant et sans reconnaissance, à l'égo surdimensionné qui se pavanne au beau milieu de sa cour... (et dont tout parent peut malheureusement écoper).
Victor qui juge, bouscule, malmène son père, fait le farot, et puis...

Se rapproche de lui, au cours de quelques jours au Québec, loin de leurs bases.

La brutalité de la vie qui lui rend la monnaie de sa pièce... la culpabilité tardive.
 
Le pardon qu'il ne peut plus alors demander qu'en une prière silencieuse... 

Une leçon.

"Il laissait tout le monde se rendormir, se levait, se déplaçait à ras du sol, à quatre pattes, jusque dans la chambre de ses parents, prenait appui sur le rebord du lit, puis pleurait pour qu'on le recouche. Dans l'oreille, à deux centimètres. Sursaut, lumière, berceuse. Au moins, il était dégourdi pour son âge"