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On avait bien commencé, ce roman et moi...
Et puis...

L'histoire? >>
Odessa? La plus jolie ville du monde, pour ses habitants. Avec ses prestigieux théâtres, son mythique Opéra, son célèbre escalier Potemkine… et une mer qui n’a de noir que le nom. Mais il y a aussi le revers de la médaille : chômage, salaires de misère, logements étriqués, mafia omniprésente. Tandis que les jolies Ukrainiennes écument soirées et sites de rencontres pour décrocher un « visa-fiancée » et quitter le pays, Daria sert d’interprète. Et cette inconditionnelle de l’effervescence odessite, malgré un travail enviable, va peu à peu se laisser gagner par leur rêve d’évasion et de sécurité matérielle. D’autant que de l’autre côté de l’Atlantique, tout semble possible : confort, réussite, bonheur. C’est du moins ce que l’on voit au cinéma…

Je suis rentrée dedans rapidement, trouvant le début intéressant, humain, et parfois drôle, sur les conditions vie de certaines femmes en Ukraine, l'envers du décors de cette belle ville qu'est Odessa, les hommes qui boivent, le chômage, la misère humaine... Et puis, l'espoir qui arrive des pays riches, sous forme d'hommes venus trouver des femmes qu'ils espèrent dociles et bonnes cuisinères... Et ses femmes qui espèrent fuir la misère matérielle, mais pour en trouver une autre, différente, de misère.
Oui il y a "quelques" clichés, mais ça passe...

La seconde partie se déroule donc aux Etats Unis où nous suivons Daria, et son apprentissage de ce pays, et de son mari, et petit à petit la chute, les déceptions, et les décisions.

Peut être est-ce parce que CERTAINES N'AVAIENT JAMAIS VU LA MER de Julie Otsuka m'a marquée à sa lecture et a laissé des traces pregnantes, mais là, je n'ai pas trop accroché sur le déracinement et sa douleur, qui dure dure dure... C'est un peu trop longuet, et "simple", même si l'on partage le parcours de Daria, atttachante et forte, ses attentes déçues, et que l'on veut connaître la fin (qui m'a déçue...)...

Ce n'est pas un roman qui laissera un gros souvenir chez moi, tout en étant un bon livre, au style efficace, sur les illusions perdues. 

Un homme promet à sa fiancée : "Quand nous serons mariés, je serai toujours là pour partager tes soucis et tes chagrins."
Sa fiancée répond "Mais je n'en ai aucun..."
Il l'interrompt : "J'ai dit quand nous serons mariés..."

Originaire du Montana, Janet Skeslien Charles habite à Paris depuis 1999 et travaille à la Bibliothèque américaine. Elle a vécu deux ans à Odessa où elle a enseigné l'anglais dans le cadre d'un programme de la fondation Soros. Cette expérience lui a inspiré ce premier roman mordant, déjà publié dans une douzaine de langues.