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Rodolphe Fontaine a eu, pour reprendre ses paroles, "de l'audace", et je le remercie encore ici de m'avoir un jour gentiment proposé de lire son roman, vous vous doutez donc que j'ai accepté puisque je vous en parle (et il m'arrive de refuser, croyez moi, et, si je n'avais pas aimé cette lecture, je ne serais pas en train de rédiger ce billet :-))...

L'histoire: 
Lorsqu’un corps sans vie est retrouvé à Rouen, au pied du pont Flaubert, le commandant de police Marius Korda est persuadé d’une chose : il a déjà croisé la victime lorsqu’il était en compagnie de son meilleur ami, Hippolyte Delyon. Alors que l’enquête n’en est qu’à ses balbutiements, un nouveau meurtre est commis et les deux amis se rendent compte que le passé des victimes est lié au leur. 
Peu à l’aise dans cette affaire, Marius n’hésite pas à mandater Hippolyte pour mener des investigations non officielles. Mais le résultat de ces dernières pose un véritable problème : celui par qui les crimes sont perpétrés semble être la première victime de cette série de meurtres…

Je lisais beaucoup de polars "avant", puis j'avais un peu stoppé, sans raison particulière, à part quelques angoisses de "nouvelle maman"...
Depuis quelques temps, je me redirige vers ce genre (et pourtant je suis toujours maman :-)), ça n'a pas toujours été une réussite (cf quelques polars thrillers ou romans noirs lus dans le cadre du jury des lectrices ELLE) mais j'ai également passé des nuits à compulsivement tourner des pages POUR SAVOIIIIIR :-).

Nostalgie quand tu nous tues est un polar très efficace dans un format très rapide (sans sacs de noeuds et circonvolutions fatiguantes...) et très scénaristique.
Et, qui plus est, moderne car il pointe intelligemment les dangers d'internet/des réseaux sociaux, et les dégâts causés par le "harcèlement".
Mais je n'en dirai pas plus afin de ne rien déflorer...

J'ai été illico prise dans l'histoire des 2 personnages principaux auxquels on s'attache facilement.
Hippolyte, riche héritier orphelin et solitaire, écrivain perdu face au monde de l'édition. Et Marius, meilleur ami flic, doué et perspicace, sentimentalement à vif, avec lequel ils se lancent des citations à tout bout de champs (et l'on s'amuse à essayer d'en retrouver - ce qui m'a fait sourire car je faisais pareil avec un de mes anciens boss avec des répliques de film :-)).
Leur sensibilité et leur complicité ajoutent une dimension au roman et à l'enquête qu'ils vont mener "ensemble", je n'ai pas pu lâcher le livre avant d'avoir découvert le dénouement final, pas tiré par les cheveux, mais dont je ne me doutais quand même pas.

Un polar 
dynamique, efficace, où la nostalgie curieuse se montre dangereuse, entre ville (Rouen, donc) et campagne (ça m'a parfois rappelé le Cercle, de Bernard Minier), bourré de références littéraires, cinématographiques et musicales hyper agréables avec en plus un tableau-témoignage des difficultés à se faire/voir édité...

Tout cela avec des traits d'humour assez bien venus, un runing-gag-crime-de-lèse-majesté qui a bien fait sourire l'amoureuse des bains que je suis ainsi qu'(entre autres) une scène avec un verre qui m'a remémoré des souvenirs (et vous en remémorerait sûrement) :-).
J'ai passé un bien agréable moment de lecture et prendrais vraiment plaisir à retrouver ces personnages dans une (ou plusieurs ;-)) autre(s) aventure(s).

"Le passé est un prédateur patient. Telle une orque (...), il s'approche lentement et furtivement du présent avant de se propulser à travers le temps et de vous happer comme un vulgaire phoque".


L'auteur: Né en 1979 dans la Drôme, Rodolphe Fontaine aspirait à devenir l’enquêteur des romans policiers qu’il dévorait adolescent. Finalement, ses études de droit l’ont conduit vers le « social », milieu dans lequel il a évolué pendant plus de sept ans. Passionné depuis son plus jeune âge de lecture et d’écriture, c’est au cours d’une énième nuit d’insomnie, en juillet 1998, qu’il prend la décision d’écrire son premier roman. Mais c’est seulement en 2008, à la suite d’événements personnels ayant radicalement changé sa vision de la vie, qu’il décide de partager ses écrits.
Il est également le parrain de l'Association des Malades du Syndrome d’Ehlers-Danlos (http://sed66.com).