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Bien sûr, lire un roman lorsque l'on sait que l'auteur est mort prématurément après l'avoir écrit, et qu'il n'a jamais tenu ce roman dans ses mains, ça change terriblement la façon de vivre ledit roman. 

Une ombre, son ombre, plane sur chaque page.
La fragilité d'un être hyper sensible, inadapté à la société telle qu'elle est et l'enferme rapidement dans son rôle. Une vie sans concession, qui glisse sans réussir à rentrer dans des rangs trop cloisonnés, trop ennuyeux.

Un langage parlé, direct, halluciné parfois, fragile, triste et nostalgique.

Une saisissante description des délires paranoïaques, de la dépression, la folie, d'une vie en tant que patient d'un hôpital psychiatrique, des rencontres et amitiés que l'on y noue.

Un hommage aux gueules cassées par la vie.
Une magnifique déclaration d'amour aux Femmes qui le laissent à fleur de peau à chaque frôlement.
Et cette fureur, cet élan irrépressible vers l'écriture, qui donnera ce roman.

Un texte brut, testament remuant, poétique, libre et bouleversant de vie, de douleurs à vif et de cette ironie cinglante qui frappe parfois/trop souvent.
 

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Note de la maison d'édition ALLIA, sur Renaud BUREL:
De sa naissance le 5 novembre 1965 à sa disparition accidentelle le 23 juin 2010, Renaud Burel aura partagé sa vie entre écriture et images. Après des études littéraires et cinématographiques, il deviendra tour à tour écrivain public, réalisateur vidéo, rédacteur, monteur, correcteur, auteur. Une vie de passions tumultueuses et de tourments indicibles, jalonnée de rencontres improbables : Guy Debord et Kamel le Haschishin, Jean-Claude Brisseau et Livio le Guérillero plume-au-cul, le Torero et Divine Salope… Et toujours, illuminant la route de cet enfant perdu, des femmes – Maud, Inès, Mathilde, Martine –, et une quête, l'Amour.


Renaud Burel tenait un blog où se trouvent encore de magnifiques textes:
http://fr.netlog.com/renaudburel/blog

"Cette omniscience des nanas ça me travaillait. À cause de tous les exemples sidérants que j’avais connus. Comme quand tu penses à elle la nuit et qu’elle réagit comme si elle dormait pas vraiment. Comme si t’avais pensé tout haut. Je me demandais si elles voyaient vraiment à l’intérieur de nous ou bien si elles évoluaient dans une sphère supérieure du réel, supérieure à la nôtre, pauvres diables, une réalité supérieure qui les faisait naturellement ressentir, parler, agir, en parfaite harmonie avec la Vérité. La vérité intégrale, absolue, qui tient dans la même main le passé, le présent, l’avenir, tout l’existant… et le reste… celle dont tu crois dissimuler ton pauvre lambeau à toi dans l’omerta de ta petite mafia de neurones. Elles te piquaient la clé des songes."

"Au coin de la rue du cirque, une vieille échoppe à l’abandon. À son enseigne, la lettre D avait disparu. On y lisait :
                coiffure pour ames"