il n'est

De retour à San Francisco pour les funérailles de son père, Thelonious Avogaddro, détective privé, a la surprise de sa vie : Kendrick, l’assassin de sa sœur, relaxé quarante ans plus tôt malgré des preuves accablantes, vient d’être arrêté pour un crime similaire.
Thelonious ne croit pas au hasard et il reprend l’enquête qui le hante depuis toujours. Cette fois, il est décidé à aller jusqu’au bout pour que justice soit faite.
Alors que le FBI et la CIA sont mobilisés sur le crash suspect d’un avion au-dessus du Golden Gate, Thelonious déroule le fil de son passé d’où surgissent fantômes, personnages troubles, corrompus et énigmatiques.
Les deux enquêtes s’entremêlent, les pistes se brouillent, des témoins disparaissent. 
Son obsession est-elle le meilleur guide pour découvrir la vérité?

Il n'est jamais trop tard est un polar partageant le même personnage principal avec 2 des précédents romans de Chris Costantini (mais il peut sans problème être lu "seul", puisque c'est ce que j'ai fait sans encombre ;-)).
Thelonious Avogaddro est un ancien flic devenu détective privé, grand amateur de jazz (comme l'auteur, d'où le prénom original, rapport à Thelonious Sphere Monk, pianiste et compositeur de jazz américain célèbre), marqué par un lourd passé qui le hante et l'encombre dans ses relations sentimentales...

Dès le début du livre, un évènement/drame va le sortir de son "coma éveillé" et lui permettre d'essayer de tordre le cou à certains fantômes.
En plein deuil de son père, se présente enfin à lui la possibilité de coincer le meurtrier de sa soeur, toujours libre depuis 40 ans. 
Il nous entraîne alors avec lui dans sa spirale infernale, entre envie de vengeance et envie de vérité (et l'un ne va pas nécessairement avec l'autre...), dans son enquête "clandestine" parallèle à celle de la brigade de police qu'il a quittée quelques années plus tôt. 
Enquête qui croisera une autre en cours, sur l'explosion en vol d'un avion au dessus de la baie de San Francisco... Quel sera le lien...? Et bien, pour le savoir, y'a plus qu'à ;-)... 

En plus d'enquête policière et d'action, il y a beaucoup de psychologie dans ce polar, entre le deuil, la peur de la mort/la recherche de "vie éternelle", le poids des parents, de l'éducation, du passé, la reconstruction de soi, les obsessions maladives et dangereuses, et des thèmes plus "sociaux" tels que l'argent, la gangrène de la corruption, et les "coupables désignés d'office".

Ces éléments en font un polar très efficace, que j'ai lu en une journée tant je voulais connaître le fin mot de l'histoire, savoir si Thel (son surnom) allait enfin trouver la paix...
Car c'est un personnage attachant, ce n'est pas un surhomme ultra-blasé (même si, en apparence, il pavient à encaisser un enchaînement d'évènements avec un certain détachement), c'est juste un homme entouré de fantômes bruyants qu'il cherche à faire taire, et qui gère tout cela tant bien que mal, oscillant entre râleries, blues et humour.

Une histoire servie par l'écriture fluide, claire, directe et photographique, de Chris Costantini qui prend un vrai plaisir à nous "balader" tout en ne perdant jamais son lecteur (et en ne faisant pas dans le "gore" que j'abhorre...). 
De plus, il essaime beaucoup de références culturelles et nous offre une excellente programmation musicale! 

(Aparté 1: je suis bien contente car, du coup, je sais que je vais retrouver Thel très vite dans les 2 opus déjà sortis: À pas comptés, et Lames de Fond!) (Aparté 2: d'ailleurs, j'aime bien l'harmonie des couvertures des 3 romans mis côte à côte).

"Aucun autre que moi n’était mieux placé pour résoudre cette enquête qui touchait directement ma famille, mon sang. Je ne pouvais laisser en suspens le meurtre de ma sœur, comme un miasme qui me poursuivrait toute ma vie. Un Everest, sans sherpa, ni oxygène, qui hanterait mes nuits à jamais."

L'auteur >> Chris Costantini est né le 14 juin 1960 au Gabon. Après une enfance africaine, un premier métier d’ingénieur, et la cofondation de l’agence Athem, il se lance dans l’écriture de polars. Grand baroudeur, il enrichit ses textes de ses nombreux voyages. Amateur d’art, il est passionné de peinture, de littérature américaine, particulièrement le roman noir, et de jazz. Il est d’ailleurs saxophoniste ténor et aussi cuisiner à ses heures perdues… pour ses quatre enfants et ses amis. Son premier roman, La Note noire (Éditions du Masque, 2009) est couronné de succès et du Prix du 1er roman policier du festival de Beaune. À Pas Comptés (Éditions Michel Lafon, 2012) est finaliste du prix de la Plume de Cristal, Lames de Fond (Éditions Glyphe, 2013) est finaliste du Prix du meilleur Polar francophone. Il n’est jamais trop tard est son quatrième roman.
Son site internet: http://chriscostantini.com/accueil_site.html

Les éditions Versilio: http://www.toslog.com/versilio/accueil