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J'avais lu Risa Wataya lorsqu'elle avait reçu le prix Akutagawa (équivalent du Goncourt au japon) à 19 ans, pour Appel du pied (elle est à ce jour encore la plus jeune à l'avoir obtenu). Je me souviens avoir aimé ce roman, son style, sa sensibilité.
Alors, lorsque j'ai eu l'occasion de lire son dernier titre, Trembler te va si bien, j'ai été contente à l'idée de retrouver cette auteur(e).

L'histoire >>Etô Yoshika, vingt-six ans. Nationalité japonaise, groupe sanguin B, employée à K K Maruei, facilement acnéique. Copain zéro, économies zéro. Loyer mensuel 75 000 yens. Ce que je déteste : les glandeurs. Ce que j'aime : le ragoût de boeuf Ma passion du moment : chercher sur Wikipédia les espèces animales éteintes. Yoshika a la tête dans les étoiles et deux amoureux. C'est une jeune ingénue qui cherche sa place dans l'univers et se demande parfois si elle n'est pas elle-même une espèce en voie d'extinction. 

Bon, très clairement, j'aurais pu ne pas aimer, en trouvant Etô agaçante... et en fait je l'ai dévoré en 24h.
J'ai été directement emportée par Etô, sa vie, ses sentiments, ses questionnements, son caractère de rêveuse plutôt inadapté à la société. Elle traverse une tempête personnelle, prend conscience du temps perdu dans un amour fantasmé et un job alimentaire, éloignée de ses racines et de sa mère-confidente.
Ce qui rend ce livre addictif est, je crois, le fait que Risa Wataya mêle humour, auto-dérision, émotion et hésitation dans un écriture parlée et rythmée.
Ecriture qui sait aussi ralentir et nous faire partager une réflexion amère mais plutôt clairvoyante de la vie, l'amour, l'amitié, et la société.

Un bien bon moment de lecture, rapide et sans prétention!

"Les méchants sont plus forts, voilà. Eh bien, si c'est là la conclusion à laquelle je suis parvenue au bout de vingt-six ans d'existence, il y a de quoi pleurer. Mais si j'en suis arrivée là, c'est qu'il y a une raison. Récemment, sans doute parce que mon taux de nuisance a augmenté, je me sens plus forte. Pourquoi avais-je peur du mal que pouvaient me faire les autres? Parce que je ne comprenais absolument pas pourquoi ils le faisaient.
Mais maintenant, si je les mets en regard de mes propres émotions, je sais parfaitement pourquoi. Et même si je ne passe pas à l'action, je me sens tout à fait capable de rendre tout le mal qu'on m'a fait."

Livre lu dans le cadre du comité de lecture de la médiathèque de Saint Quentin en Yvelines.