Acquanera-durbano-couverture

Après dix ans d’absence, Fortuna retourne à Roccachiara, le village de son enfance perché dans les montagnes du Nord de l’Italie, qu’elle croyait avoir définitivement abandonné. La découverte d’un squelette qui pourrait être celui de sa meilleure amie, Luce, lui a fait reprendre le chemin de la maison. C’est l’occasion pour la jeune femme de revenir sur son histoire, de régler ses comptes avec le passé et en particulier avec sa mère, la sauvage Onda dont elle n’a jamais été aimée.
Ainsi débute ce récit sur quatre générations : quatre générations de femmes – Clara, Elsa, Onda et Fortuna – qui ont vécu en autarcie année après année, privées d’hommes, marquées comme au fer rouge par d’étranges dons qui les ont placées en marge de leur communauté. Au terme de cette plongée aux origines, Fortuna pourra-t-elle s’engager sur le chemin de la reconstruction et de la réconciliation?

Valentina d'Urbano m'avait conquise avec Le bruit de tes pas, qui m'avait vraiment touchée-chamboulée...
Ici elle confirme son talent de conteuse, même si cette histoire m'a moins embarquée-touchée que son premier roman, elle prouve, en changeant de thème et de lieux, qu'elle a un large spectre d'écriture. 

Acquanera raconte l'histoire sombre de quatre femmes d'une même famille, dotées de "pouvoirs" comme nous en entendons parfois parler, dans les villages, ces femmes capables de voir/entendre/libérer des esprits, ou "juste" soigner autrement.
Des femmes tenues à l'écart, rejetées, car différentes et effrayantes pour les esprits "étriqués" (qui, pourtant, viennent parfois les solliciter...).
Un roman sur l'exclusion/la solitude, un peu inquiétant et surréaliste, qui parvient (dans la lignée du roman Le Coeur Cousu, de Carole Martinezà vous envouter dès les premières lignes.
Et hormis l'aspect surnaturel, c'est un roman sur la construction de soi avec son passé, ou malgré/grâce à lui, sur l'amour et l'absence d'amour maternel que l'on cherche à combler/compenser, sur la transmission, le 
poids des secrets, et l'amitié, où deux enfants différentes se reconnaissent/se lient.
Et au-delà des personnages féminins forts, des lieux très présents, détaillés, mis en scène, un lac, un village, une école, une maison, un cimetière... ils vous hantent tous comme dans un conte. 

Acquanera est un livre doté d'une certaine lenteur qui vous enveloppe, un livre qui peut déstabiliser et faire ressentir un léger malaise car parfois un peu dur et macabre, mais qui contient surtout une belle poésie (sans parler de sa très belle couv) et dépose un délicat message de vie, de pardon et de résilience.

"Chacun porte ses deuils cloués sur soi".

L'auteure >> Illustratrice pour la jeunesse, Valentina d’Urbano, est née en 1985 dans une banlieue de Rome dont elle a fait le décor de son premier roman, Le bruit de tes pas (Philippe Rey, 2013), vainqueur du concours « Io scrittore » en Italie. Acquanera est son deuxième roman.

Les éditions Philippe Rey : http://www.philippe-rey.fr/f/index.php