1170936_10151827260884835_688018258_n

Ce roman sort aujourd'hui en librairie.
Et ce serait vraiment dommage de passer à côté.

Parce que c'est une très belle histoire, délicate et pleine d'une tendresse fébrile qui ruissèle à chaque phrase, qui vous emporte, sans que vous n'ayez pu la lâcher, jusqu'à sa page 138 (la dernière...).

L'histoire >>
Dans un quartier nommé La Forteresse, grandissent Béatrice et Alfredo, elle, issue d’une famille pauvre mais unie, qui tente de se construire une vie digne ; lui, élevé avec ses deux frères par un père alcoolique et brutal. Presque malgré eux, ils deviennent bientôt inséparables et s’influencent mutuellement au point de s’attirer le surnom de «jumeaux». 
Mais ce lien, qui les place au-dessus de leurs camarades comme des sortes de héros antiques, est à la fois leur force et leur faiblesse. Car, parallèlement à la société italienne, touchée par la violence des années de plomb, leurs caractères, leurs corps et leurs aspirations évoluent au fil des ans. Chez Beatrice, courageuse, volontaire, qui rêve de rédemption et d’exil, l’amitié initiale se transforme peu à peu en amour sauvage, exclusif. Chez Alfredo, fragile et influençable, le désespoir s’accentue.

Ce tableau hyper réaliste de l'Italie des années 80, sur fond de crise, de pauvreté et de solitude d'enfants laissés livrés à eux mêmes ou avec des responsabilités trop lourdes sur leurs épaules, m'a fait penser au roman D'Acier de Silvia d'Avallone. 

Egalement dans la colère des sentiments rageurs, désespérés qu'exprime Béatrice, tant sa peine est violente.
Le bruit de tes pas, ce sont ces pas que Béatrice entend, les sabots d'Alfredo à l'étage au dessus, ses pas lents ou précipités selon l'état de son père qui le frappe, ce sont ses pas dans les escaliers, qu'elle croit reconnaître, qu'elle guette, jusqu'à ce que leur son finisse par lui échapper, subitement.

 

Durbano_Il-rumore-dei-tuoi-passi

C'est un roman sur un amour incondtionnel, un de ces amours qui font penser que tout est possible et surmontable. 
Le mot renoncement ne fait pas encore partie du vocabulaire de Béatrice, trop jeune, trop "innocente" malgré le quartier dur dans lequel elle vit, car elle croit fermement en sa force, en sa capacité d'aider et de changer Alfredo qui tombe dans la drogue après la mort de son père.

C'est un roman émouvant dans l'expression de cette impuissance allant crescendo, de cette réalité dure et brute qui vous jette dans les cordes, le sacrifice par amour, la non réciprocité, et la perte qui entraîne fureur et douleur face à ce que l'on considère comme un injuste abandon.

Mais c'est aussi un magnifique roman sur la rage de vivre, de survivre, et de résolument se tourner vers le soleil (<< cf la couv italienne.. que je trouve quand même bien moins jolie que celle choisie par les éditions Philippe Rey, magnifique).

"Alfredo ne s'apercevait jamais de rien. Il s'abandonnait aux choses sans opposer de résistance. C'était un geignard, un morveux, ce genre de mec qu'on a d'instinct envie de tabasser, ce genre de mec dont la seule présence vous insupporte. Moi, je le détestais.
Et je l'aimais plus que je ne le croyais. Maintenant je le sais..."