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Ce n'est pas très facile de vous parler de ce roman parce que je suivais Aude Nectar depuis des siècles (au moins :-)) sur son blog. Alors c'est un peu comme si je la connaissais. Comme si c'était une amie dont je me réjouis des jolies aventures.

Je ne voudrais pas que l'on m'accuse de parti pris. Même s'il y en a un peu eu pendant ma lecture, forcément. Donc il y en aura peut être dans ce billet. Et tant pis.

Aude Le Corff signe ici un premier roman qui donne envie de réussir à en faire autant.
Un roman touchant, aux personnages attachants (quoique, pas tous, et je pense qu'ils doivent être différents selon le lecteur).

L'histoire? >>
Un professeur de français à la retraite est intrigué par une fillette qui habite son immeuble. Chaque soir, après l’école, Manon se réfugie dans le jardin. Assise sous le bouleau, elle parle aux chats et aux fourmis, quand elle n’est pas plongée dans un livre. Depuis quelques mois, sa mère semble avoir disparu.

Brisant la routine et sa solitude, Anatole finit par l’approcher. C’est autour de la lecture du Petit Prince qu’ils échangent leurs premières confidences.
En côtoyant Manon, le vieil homme va rencontrer d’autres voisins : Sophie, une femme singulière qui le met mal à l’aise, et Pierre, le père de la fillette. C’est tous ensemble qu’ils entreprendront un voyage inattendu jusqu’au Maroc.

Nous passons d'un personnage à un autre en partageant ses sensations, ses sentiments, ses souvenirs, ses douleurs et ses peines.
Et nombre de sujets de société sont abordés:
l'enfance, et l'innocence perdue
de l'attendrissante petite Manon (à laquelle le bandeau qui décore si joliment le livre correspond superbement...) victime d'un choix contre lequel elle ne faisait pas le poids, qui se rattache à un vieil homme et aux lectures qu'ils font du Petit Prince... la perte d'enfant, la souffrance niée, la difficulté à rester femme, à rester légère malgré ces épreuves, l'incompréhension dans un couple, l'envie d'ailleurs, de bras moins lourds...  mais aussi, la vieillesse, la dégradation et la douleur physique, et les jugements hâtifs envers les "pas comme eux"/les "différents" les personnes en marge, les parcours mentaux et médicaux à subir parfois pour devenir soi, envers et contre tous...

Ca reste léger et doux, malgré tout.
Ca fait penser à l'Echappée Belle d'Anna Gavalda, à ce moment de voyage, propice au bilan, aux souvenirs, dont on ne ressort plus exactement pareil. 

Nous voyageons avec eux, comme un cinquième passager, découvrant les paysages, les parfums, par la fenètre, spectateur impatient qui lirait ce livre 
coincé à l'arrière, des fourmis dans les jambes, avec cette envie qui monte qui monte qui monte de connaître le dénouement.

ba,deau

«Si il y a bien un principe à respecter dans ce monde de brutes,
c’est qu’on ne saccage pas un spectacle de dauphins».