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Dès la première page, on rit: une photo du Titanic symbolise le naufrage annoncé dans un texte scientifico-drôlatique.
Je me suis dit que j'allais passer un bon mo
ment, et ça tombait bien, car c'était un dimanche frais et pluvieux où l'on apprécie grandement une telle/excellente compagnie.

Il y a dans cette autopsie d'une histoire amoureuse/personnelle une fantaisie intelligente et touchante, de l'humour, du cynisme et une émotion pleine de style et de grâce qui explose en douceur, et en images.
Frédéric Beigbeder a intitulé son article parlant de ce roman : Vestiges de l'amour.
Tout est dit. Les vertiges d'abord... et les vestiges qui suivent.

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Ici, en guise de vestiges, Monica Sabolo intègre à son roman des souvenirs (ce qui donne le sentiment d'avoir trouvé un précieux carnet dans une malle secrète): des mails, des sms, des courriers, des tableaux comparatifs, des photos aux légendes touchantes, drôles, désarmantes... 
Comme un inventaire de preuves presque numérotées, qui seraient apportées à une enquête sur la véritable existence d'une histoire, et les raisons de son échec. 

Car, qui ne s'est jamais demandé "mais pourquoi je tombe toujours sur ce genre de personne??"... (= les mauvaises)
Et oui? Pourquoi?
Pourquoi vit-on parfois des histoires qui rendent dépendant, obsessionnel, laissent dans l'attente, la souffrance du silence, de la distance, de la non réciprocité? 

Le titre apparaît alors comme un éclairage à double sens...
Une phrase dite par XX, cet homme qui se défausse et s'abrite derrière une autre responsabilité/vérité. Alors MS va finir par aller chercher dans son passé, dans la transmission/transgression parentale, la raison de ces attachements et cette peur de l'abandon...
D'une douleur, elle glisse vers d'autres, plus profondes, qui ne lui appartiennent pas toutes 
mais qui l'ont toutes marquée (et ce n'est sûrement pas pour rien que sa mère se trouve à moitié en photo sur le bandeau du livre...).

Donc, pour continuer sur ces rails familiaux et cette punition inconsciente, quoi de mieux que de se tourner vers quelqu'un qui à première vue (et même à la seconde) n'est pas "le bon"...? 
Un homme pour lequel MS se verra faire des choses dont elle ne se pensait pas capable, comme écrire des lettres (hilarantes) à Facebook, Bouygues, et même à un marabout.

Mais tout cela n'a rien à voir avec elle.
Et un évènement va l'aider à prendre une grande inspiration, malgré des poumons oppressés de stress, remonter, et se sauver de la noyade...

Un magnifique carnet intime insolite, hyper universel, hypra doux, super émouvant, thérapeutique, et très positif.

Un livre qui me restera. 


Merci à JC Lattès pour la belle qualité d'édition de cet "objet littéraire" qui figure dans la sélection du prix de Flore, et, si je puis donner mon petit avis, mériterait bien de l'emporter. (également sur la première liste de l'Interallié)

Et là, je crois que j'ai fini... 

((faux départ) PS: pour comprendre le lien musical qui remplace, une fois n'est pas coutume, l'extrait: lire le livre...)