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Je dois dire que Lionel Duroy m'a beaucoup parlé dans ce roman, mais il m'a aussi, un peu, agacée... 

Je ne sais pas si je vais réussir à correctement vous parler de ce roman et c'est la première fois que je me lance dans un billet sans savoir s'il aura un début un milieu et une fin "éditables". 
Mais allons y.

Je l'ai déjà dit, j'ai pris le parti de ne pas parler des livres qui ne m'ont pas plu, ou juste fait ni chaud ni froid, etc. Ce n'est pas le cas avec Vertiges car il m'a parlé et parlera sûrement à bon nombre de personnes, femmes ou hommes, en plein questionnement, errements, bilan... autant de couple(s), que de vie et d'enfance... les retours en arrière qui rendent certaines choses/évènements limpides, avec le recul, avec les années, avec la matière. 
Mais sur le moment, on fait comme on peut. On se bat, on fait des concessions, puis on renonce. Parfois la mort dans l'âme et point... et parfois on écrit parce qu'il ne reste que ça pour tout déposer en dehors de soi.

Lionel Duroy parle très bien du processus d'écriture, rarement dans la fluidité et souvent dans les doutes et la douleur; de ce que l'auto fiction peut provoquer comme remous, comme vertiges, en soi et dans son entourage...

Le côté tourmenté des personnages principaux m'a touchée mais également fait pousser quelques soupirs, donné envie d'abandonner le livre, il y a des répétitions, totalement volontaires, qui moi, m'ont un peu crispée.

Ce qui est sûr c'est que, malgré tout, beaucoup de ses mots trouvent écho en nous, notre passé, notre parcours de vie, différent du sien mais pas tant...

Une auto-psie/psy d'une vie amoureuse bancale, du temps qui passe, d'une vie consacrée aussi à réparer la jeunesse ratée d'un enfant maltraité, resté dans la peur de l'autre et de l'abandon.

"... le plus cruel, et le plus mystérieux aussi, c'est le basculement du souci permanent qu'on avait de l'autre dans un vide abyssal où l'on doit s'accoutumer à ne même pus savoir s'il est vivant ou mort. Huit jours plus tôt, on tremblait si l'autre avait une heure de retard en regardant par la fenêtre la pluie qui tombait dans le crépuscule hivernal, pourvu qu'il n'ait pas eu un accident, et maintenant on doit continuer de vivre, de manger et de dormir sans rien savoir de ce qu'il traverse.
Est-ce que ce n'est pas la chose la plus stupéfiante qui soit? Celle qui nous renvoie le mieux l'image de notre insignifiance, de la précarité de nos attachements (...)?"