la-maison-des-chagrins

L'auteur >> Nom : del Árbol. Prénom : Víctor. Nationalité : espagnole. Particularité : ancien séminariste, il a finalement troqué sa robe de prêtre contre… un uniforme de flic. Officier au sein des Mossos d’Esquadra, la police catalane, il est aujourd’hui en disponibilité et consacre tout son temps à l’écriture. Ce natif de Barcelone, âgé de 45 ans, est sans conteste l’une des nouvelles voix du polar de l’autre côté des Pyrénées. (source Metro News)

L'histoire >> Eduardo tente de survivre dans un appartement sans âme, grâce à l'alcool et aux psychotropes que lui prescrit la psychiatre chargée de sa réinsertion. Il vient de purger une peine de prison pour le meurtre du chauffard qui a tué sa femme et sa fille, voilà quatorze ans. Peintre autrefois coté, il gagne sa vie en exécutant à la chaîne des portraits anonymes que sa galeriste place dans les grandes surfaces. Un jour, celle-ci lui transmet une bien étrange commande : une célèbre violoniste lui demande de réaliser le portrait de l'homme qui a tué son fils. Elle veut pouvoir déchiffrer sous les traits de l'homme les caractéristiques de l'assassin. Unis dans la même douleur, la commanditaire et l'artiste ouvrent bientôt la boîte de Pandore, déchaînant tous les démons qui s'y trouvaient enfouis.

Bien, alors j'ai toujours dit et m'étais jusque là tenue au fait que je préférais ne pas (ne plus, à vrai dire, depuis Windows on the World de Frédéric Beigbeder, qui n'est pas un polar...) lire des livres avec des morts d'enfants... ça m'angoisse trop, et déjà que je dors peu, hein...
Mais ce roman m'intriguait, j'avais aimé La tristesse du samouraï, premier roman de cet auteur, et je ne voulais pas ne pas découvrir ce deuxième titre.
Et puis, décidemment, les flics ont du talent, maîtrisent le suspens, et la psychologie (noire) de l'humain. 
J'ai donc pris sur moi... (et un peu moins dormi pendant quelques jours...) et ai lu ce polar de la belle collection actes noirs chez Actes Sud.

Autant le dire, ce livre est très sombre, les personnages ont tous plus ou moins subi des traumatismes, portent des traces indélébiles de leur passé, sont portés par l'envie de vengeance, et évoluent dans un univers hyper sombre, fait de mensonges, perversion sexuelle, pédophilie, abus, mafia, manipulation, vengeance...

Del Arbol multiplie les personnages mais sans qu'on ne se perde en cours de route car le rythme est assez lent, oui, j'ai trouvé quelques longueurs, c'est plutôt dans le style "tension psychologique" que "action".
J'avoue, j'ai failli abandonner mais je n'ai pas pu, je voulais connaître la fin. Les personnages sont intriguants, en apparence "normaux", ce qui fait frémir... Et les thèmes abordés, bien que très pesants, sont traités avec intelligence et finesse. 

Un très bon roman dans le genre je pense (mais encore une fois, je ne suis pas une pro du polar/roman noir non plus), glauque, et pétrifiant... donc : efficace!

"Si nous savions que la vie est un simple accident et qu’il n’y a rien après, devrions-nous pour autant renoncer à la boire? Non. Nous viderions quand même ce calice jusqu’à la lie. Et nous en redemanderions. Il y a toujours une raison, quelle qu’elle soit, pour aller de l’avant. Mais cela n’améliore pas les choses, docteur.
Les choses arrivent, et nous ne savons pas pourquoi."