océan bout chemin

"J'aimais les mythes. Ils n'étaient pas des histoires d'adultes et ils n'étaient pas des histoires d'enfants. Ils étaient mieux que cela. Ils étaient, tout simplement."
De retour dans la maison de sa famille pour des obsèques, un homme encore jeune, sombre et nostalgique, retrouve les lieux de son passé et des images qu'il croyait oubliées. Le suicide d'un locataire dans une voiture au bout d'un chemin, sa rencontre avec une petite voisine, Lettie, qui affirmait alors que l'étang de derrière la maison était un océan.

Et les souvenirs de l'enfance, qu'il croyait enfuis, affluent alors avec une précision troublante...

Fidèle à son imaginaire, Neil Gaiman explore le monde de l'enfance et rend souvent hommage aux contes anglo-saxons. Il ne déroge pas à cela dans l'Océan au bout du chemin où il traite de ces choses que tout enfant imagine et accepte, mais que de nombreux adultes ont oubliées/rejetées: la magie, le rêve, l'existence éventuelle de mondes parallèles, d'esprits... 

Il est essentiellement question de ce rapport adultes/enfants, de ce fossé, cette incompréhension, et l'innocence/la peur/l'impuissance de l'enfance face à plus fort que soi, les refuges que l'on cherche dans l'imaginaire ou ailleurs... De cet enfant que l'on était et que l'on a tendance à effacer en grandissant.
C'est aussi un roman 
sur la solitude, la force de l'amitié, le sacrifice personnel, l'éphémère des choses, les cycles, la mémoire et l'oubli.

A vrai dire, je l'ai lu en tâtonnant, me disant que ce n'était pas son meilleur, et surtout en me demandant (un peu comme mon amie Anyuka: http://anyuka.canalblog.com/archives/2014/10/14/30764001.html) si ça n'était pas plutôt un roman jeunesse, plutôt qu'adulte comme annoncé... 
Mais après réflexion (et quelques jours après l'avoir terminé) je me suis dit que même si le côté fantastique apporte une respiration, une touche d'irréel, d'aventure, et d'espoir, le fond du propos est philosophiquement beau mais relativement triste et désenchanté (comme beaucoup de livres de Neil Gaiman cela dit, avec lesquels on retrouve beaucoup de parallèles, notamment Coraline)... et qu'il me semble que c'est à l'âge adulte que l'on peut entièrement "cerner" cela, et y lire l'exorcisme de certaines douleurs passées de la part de l'auteur (?).

Nb: Et la couv prend une jolie dimension symbolique lorsque l'on referme le livre.

"Les souvenirs d'enfance sont parfois enfouis et masqués sous ce qui advient par la suite, comme des jouets d'enfance oubliés au fond d'un placard encombré d'adulte, mais on ne les perd jamais pour de bon."

L'auteur >> Né en 1960 en Angleterre, qualifié par Stephen King de «trésor d'histoires», Neil Gaiman est auteur de célèbres contes, scénariste et romancier. Lauréat de nombreux prix, il est lu dans le monde entier. 
Son site: http://www.neilgaiman.com

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