code_93_hdL'histoire: Victor Coste est capitaine de police au groupe crime du SDPJ 93. Depuis quinze ans, il a choisi de travailler en banlieue et de naviguer au c?ur de la violence banalisée et des crimes gratuits. Une série de découvertes étranges ? un cadavre qui refuse de mourir, un toxico victime d'autocombustion ? l'incite à penser que son enquête, cette fois-ci, va dépasser le cadre des affaires habituelles du 9-3. Et les lettres anonymes qui lui sont adressées personnellement vont le guider vers des sphères autrement plus dangereuses...

Olivier Norek a 38 ans et est lieutenant de police, au sein du SDPJ 93 (police judiciaire), à la section enquêtes et recherches (agressions sexuelles, enlèvement avec demande de rançon, cambriolage impliquant un coffre-fort…). 
Il s'est mis en disponibilité pour pouvoir écrire ce roman après avoir gagné un prix d'écriture sur aufeminin.com.

Mais même en disponibilité, on sent combien il y est encore, dans ces locaux, sur ces scènes de crime, à l'institut médico légal ou en interrogatoire.
On se retrouve à partager la routine hyper réaliste d'une équipe complémentaire et soudée de la SDPJ 93, avec les illusions des débutant(e)s, et les arrangements des autres compte tenu du contexte, des interlocuteurs...
Des flics hommes ou femmes confrontés aux aberrations de l'administration, aux manques de moyens, avec des vies "normales", bien qu'ayant tous leurs soucis/peurs/souffrances, ce qui nous les rend rapidement sympathiques. 
Le capitaine Coste, personnage principal, au passé lourd, gère des problèmes personnels, amicaux, sentimentaux, et se retrouve face à des enjeux politiques plus gros que lui (qui font froid dans le dos tant ils paraissent extrêmement crédibles...).

Certains passages font frémir (suis hyper sensible mais quand même...), avec des descriptions qui nous donnent le sentiment d'y être, d'être témoins de ce genre de meurtres violents, et comme c'est leur quotidien, à eux, les flics, les légistes, et bien parfois Olivier Norek dégoupille la scène atroce en y incluant un humour assez incisif et sarcastique.

J'en viens donc aux dialogues qui sont hyper efficaces, et rythmés, et certaines réparties sont vraiment drôles, bien amenées, et nous laissent entrevoir la routine de ces flics dans cet indiscible, car, bien que très humains, ils gardent le recul nécessaire afin de bien faire leur métier.

Entre nous, ça ne m'a quand même pas donné envie de me rendre dans le 93 demain ou après demain, et pourtant je n'y ai que de bons souvenirs, mais ce polar, c'est un peu comme la description de la partie immergée de l'iceberg, de ce dont on a conscience mais seulement conceptuellement parlant.
Nous nous retrouvons confrontés à la noirceur d'un département "compliqué", mais il est évident que ces pages pourraient se dérouler n'importe où... De plus, Olivier Norek nous prend un peu à contre pied, en nous prouvant que la haine et l'horreur des êtres humains se situent bel et bien partout, y compris au sein d'une ville "chic" de l'ouest parisien (mais évidemment, je n'en dirai pas plus).

Bref, ce polar très efficace (à l'intrigue bien ficelée et pas compliquée à suivre), remporte un succès selon moi mérité depuis sa sortie en avril 2013, et une suite étant prévue, je guette les nouvelles de cet auteur prometteur (à qui je demanderais bien s'il a eu des soucis avec sa hiérarchie après ce roman? ;-)).


"- C'est pas vous y'a trois jours l'autre jour qui avez eu l'affaire du revenant?
Coste hocha un oui de la tête, les yeux fermés.
- Et maintenant une combustion spontanée, vous faites dans le particulier, à la Crime, ces temps-ci!
- On est aussi sur un cas de morsure de loup garou. Si ça vous intéresse, je vous garderai des poils.
- Sérieusement?" (...)


Code 93 a été sélectionné parmi les dix finalistes du salon du premier roman de Draveil ainsi que dans les 10 finalistes du Prix Métro Goncourt.

Livre lu dans le cadre du comité de lecture spécial polar de la médiathèque de Saint Quentin en Yvelines