Bain douche

Mélanie Richoz, c'est une jolie rencontre...
J'avais adoré Mue, son deuxième roman, je la suis sa page Facebook, son blog... et j'aime toujours autant sa sensibilité, ses mots.
Et lorsque j'ai vu son recueil de nouvelles, j'ai immédiatement adoré le titre, et la couv.
Bref, j'aime beaucoup Mélanie Richoz.


Mais, plutôt que "nouvelles" je dirais qu'elle photographie des moments.
Ici elle nous livre 24 portraits, 24 passages, comme 24 heures d'une journée sur la Terre.

Une journée à l'image de cette jeune femme qui nage, en gardant sa féminité, sa jupe qui vole et ses pieds nus, une image qui nous parle de cette duplicité qui nous habite, avec un océan de difficultés qui nous encercle, la tête que l'on s'évertue à garder hors de l'eau. Mais, l'envie de faire tourner sa jupe, même en ayant des pieds de plomb...

Alors, bon, oui, je dois le dire, certaines de ces nouvelles m'ont laissée un peu au bord de l'eau, quand d'autres (plus nombreuses!) m'ont embarquée dans leur torrent. 

C'est normal, je crois, non? Tiens, si je file encore ma métaphore des 24 heures d'une journée, on n'est pas d'humeur égale, enfin disons, pas moi, sur toute une journée, non? 
Donc, rien de grave.
Car, on tourne la page et hop on se retrouve à nouveau immédiatement dans un autre monde, dans une autre vie... et on (re)plonge.

Parce qu'elle a cette acuité extra lucide, Mélanie, ce sens de l'observation, de l'écoute des autres, qui ne peuvent pas laisser indifférent(e).
Elle tranche dans le vif, avec elle la cruauté éclate, les humains ne le sont pas toujours (humains), les détresses, les fragilités, les douleurs cachées sont dites.

10155266_10152400156184835_9128209687166975674_nMais la douceur ne reste jamais bien loin, car même si la violence des uns envers les autres, l'injustice ou la vengeance l'emportent parfois, ce sont les gouttes de vie qui restent et réveillent... et les espoirs pointent joliment le bout de leur nez sous forme de paire de chaussures dans une entrée... 

Voilà, dans ce recueil, Mélanie Richoz frotte la boue sur les étoffes, essuie sueur, larmes et états d'âme de ses personnages, dans une belle économie de mots et, toujours, une sacrée mise en page.
Je l'imagine à son bureau, jouant avec des plaquettes de décalcomanie, grattant patiemment mais énergiquement couleurs, matières, moments et sentiments, et les regarder apparaître, là, dans ces 124 pages qu'elle nous offre...


"D'inattendus rayons de soleil font parfois mûrir le fruit."


Lien vers le blog de Mélanie Richoz: http://melanierichoz.wordpress.com
Lien vers le point du i auquel elle participe: http://www.lepointdui.fr

Lien vers le billet du blog du petit carré jaune: http://lecarrejaune.canalblog.com/archives/2014/04/06/29607890.html