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Evidemment, lorsque j'ai vu un tel titre chez Les Facéties de Lucie, vous imaginez bien que ça m'a attiré l'oeil...
Et puis c'est pas comme si le nom de Martin Page m'était inconnu. (Nous avons un ami en commun et ses livres jeunesse sont déjà en partie dans notre bibliothèque).
 
Commençons par l'histoire >>
Virgile a l’habitude d’être délaissé par les femmes qu’il aime, mais cette fois, il s’apprête à vivre une expérience autrement plus déconcertante : de retour chez lui après une journée de bureau, il trouve sur son répondeur un message de Clara lui annonçant qu’elle le quitte.
Or, il n’a aucun souvenir de cette dénommée Clara.
Il cherche en vain une explication satisfaisante et finit par prendre une décision inattendue : reconquérir cette femme qu’il ne connaît pas.

Ce roman est de ces livres qui vous laissent croire qu'ils portent une histoire légère et qui petit à petit vous mènent vers des chemins plus personnels, plus graves.

D'une comédie "à suspens", dont l'idée de départ a une fantaisie et poésie dignes de Michel Gondry, nous arrivons vite à une introspection de la part d'un looser qui pourrait être un peu tout le monde (y compris moi), qui consulte un psy (sous couvert d'humour, un joli portrait du rapport au psy), ne veut pas évoluer professionnellement (et nous voilà plongés dans une vue différente de celles que l'on peut lire d'ordinaire du monde de la pub), vit échec sentimental sur échec sentimental, cherche sa voie (et adore Paris >> j'ai trouvé amusant de lire cet amour de Paris, vu que dans le livre précédemment chroniqué de Sophie Adriansen c'était un peu l'inverse).

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Entouré d'amies savoureuses (excellente description du fonctionnement/l'organisation d'un "cercle amical"), et de parents décalés mais qui, malgré eux, sont un peu responsables de ses déboires...

"- Mon père envoie des poignards en direction de ma mère, dit Virgile. C'est ton idée d'un couple équilibré?
- C'est un numéro de cirque.
- Une tentative de meurtre inconsciente.
- C'est ton interprétation. L'important c'est que tes parents sont heureux.
- Ma vie aurait été plus simple s'ils avaient été un peu moins heureux et un peu plus normaux" 

C'est drôle, émouvant (si vous ne fondez pas en lisant l'histoire de la Fortuna Houdini Cagnota, je n'y comprends plus rien) parfois loufoque (aaaaah son immeuble et ses habitantes... aaaaah les passages sur les résiliations d'abonnements...). Il y a aussi un petit côté Woody Allen dans ces 197 pages qui se lisent vite.

Et comme c'est sorti en format Poche chez Points, je ne peux que vous le conseiller pour les vacances d'été qui approchent (mais si).

"Nous passons notre vie à nous agripper aux gens bruyants qui se font remarquer, alors que d'autres sont là, à l'écart, dans l'ombre. Mais nous ne faisons pas l'effort d'aller vers eux".

 

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Martin Page (biographie issue de son propre blog : http://www.martin-page.fr/blog/ )

Né en 1975, Martin Page passe sa jeunesse en banlieue sud de Paris. Étudiant dilettante, il ne fait que des premières années : il étudie le droit, la sociologie, la linguistique,  la psychologie, la philosophie, l’histoire de l’art et l’anthropologie. Son premier roman, Comment je suis devenu stupide, est publié en 2001. Suivront, au Dilettante, La Libellule de ses huit anset On s’habitue aux fins du monde.  Aux éditions Ramsay : De la pluie. Aux éditions de l’Olivier : Peut-être une histoire d’amourLa disparition de Paris et sa renaissance en Afrique et La Mauvaise habitude d’être soi (avec Quentin Faucompré). Il écrit également pour la jeunesse (Conversation avec un gâteau au chocolat-avec Aude Picault, Je suis un tremblement de terreLa bataille contre mon lit-avec Sandrine Bonini…). Avec Thomas B. Reverdy, il a édité Collection irraisonnée de préfaces à des livres fétiches aux éditions Intervalles. Enfin, il a publié une bande dessinée avec Clément C. Fabre aux dessins : Le banc de touche (éditions Warum/Vraoum).

Ses livres sont traduits dans un quinzaine de pays. Il est lauréat d’une bourse de l’Akademie Schloss Solitude.

Régulièrement il fait des petits films en stop-motion que l’on peut voir sur sa page Vimeo. 

En février 2011, il créé un blog sous le nom de Pit Agarmen (anagramme de Martin Page). Il y exprime angoisses et pensées personnelles. En 2012, un premier roman sous cette identité sort : La nuit a dévoré le monde, aux éditions Robert Laffont (sélection Prix de Flore). Pit Agarmen est un pseudonyme ouvert, à la manière de John Banville/Benjamin Black, de Julian Barnes/Dan Kavannagh, Jean Giraud/Moebius… L’idée est aussi de reprendre l’exemple de Damon Albarn qui suivant les projets change de nom de groupe. Sous le nom de Pit Agarmen sortiront des romans de genre, plus directement violents que les romans habituels de Martin Page.