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Il y a un an, je n'aurais sûrement pas eu la chance de croiser MUE.
Parce qu'il y a un an, je ne connaissais pas le nom de Mélanie Richoz. Je l'avoue. Et le regrette. (Mais ouf, c'est rattrapé :-))
Depuis que le jury ELLE m'a donné envie de parler de mes lectures ici, il y a un an, j'ai croisé des routes, y compris la sienne sur le net, et d'autres en vrai, et Dieu que je remercie tous ces chemins croisés, et tous ceux qui ont, plutôt involontairement, fait que je me sois tournée vers ces chemins.

MUE c'est aussi ma première lecture commune. Je ne comprenais pas trop l'idée à vrai dire. Je me revoyais à l'école avec les copains et copines, voir à quelle page on en était, on faisait des résumés à ceux qui n'y arrivaient pas, on se disait que tel personnage était "vraiment méchant" ou l'histoire trop triste (Un Sac de Billes - Joseph Joffo, par exemple).

Mais faire une lecture commune avec une amie comme Les Livres Voyageurs/Le Petit Carré Jaune, dont la sensibilité trace la même trajectoire que la mienne, c'est carrément autre chose (et oui, accessoirement j'ai vieilli grandi).

Mue, c'est un livre qui prend aux tripes, brûle et (re)mue, et en parler, partager des émotions fortes, souligner les mêmes passages (et, finalement, presque toutes les phrases...)... en a fait une lecture commune particulière en émotions partagées. Il n'y aura donc aucun débat entre ici, et là bas, chez Le Petit Carré Jaune:
http://lecarrejaune.canalblog.com/archives/2013/07/06/27579737.html

Avant tout, je voulais dire combien MUE m'a surprise et comblée.
Car le style de Mélanie Richoz me parle, beaucoup.
(En plus,  elle y fait un bel hommage aux gauchers, dont je fais partie ;-))

Les phrases sont souvent courtes, dépouillées, elles claquent comme un coup de fouet, la mise en page a une grande importance pour mettre en avant LE mot qui mérite d'être mis en avant.
La couverture, rouge, sobre, épurée, est comme cette histoire courte et tellement dense. L'histoire de deux destins croisés. Destins plutôt ordinaires encombrés de solitude, d'incapacités, de manques.
Des personnages qui passent leurs vies à se servir ou servir à... 
Et n'y trouvent plus beaucoup de sens. A part dans les mots, lus ou écrits.
Le bonheur de la découverte des mots, de l'émotion de la découverte de la lecture, des mots... "les livres plutôt que les armes"... 
Et le sexe, cru, violent, usant, consommation sans amour, sans attachement, parce qu'à quoi bon...
Leur rencontre pourra-t-elle les empêcher de glisser? Ou l'ironie cynique et cruelle de la vie aura-t-elle le dernier mot?

Un condensé d'émotions poignantes, qui se lit et re-lit et re-lit, et se ferme en vous laissant vidée, pensive, submergée.

"Parler ne changerait rien. Mais quelqu'un chez moi, si. Un quelqu'un qui m'attendrait, à qui je n'aurais rien besoin de dire pour être comprise. Il me servirait un café amer dans ma tasse de porcelaine blanche et verte. Sans sucre, ni crème. Avec une petite cuillère pour attraper la mousse. Nous irions sur le canapé. Il s'allongerait sur le dos, un bras sous la nuque et l'autre se tendrait vers moi. Je me blottirais contre lui, au creux de son aisselle. Il me serrerait très fort."

J'ai tellement été séduite que je me suis offert le premier roman de Mélanie Richoz, Tourterelle, et vous en parlerai ici bientôt, au cours d'une seconde lecture commune :-)

Pour découvrir Mélanie Richoz et son joli minois, un lien trouvé chez Les Facéties de Lucie (que je remercie):
http://www.migrosmagazine.ch/cuisine/cuisine-de-saison/article/la-double-vie-de-melanie-richoz

Et vous trouverez le lien vers son blog dans mes favoris :-)