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Ma première rencontre avec Renaud Santa Maria a eu lieu avec Le Coeur en Berne, recueil de nouvelles et de poésie, et évidemment par le biais de la revue Bordel. 
J'aimais son style à vif, je connaissais son boulot de journaliste (à la télé, où nous avons évolué pas si loin, et sur Bakchich.info) mais je guettais surtout un roman... ce qui fut fait en septembre 2012.
Et, ce n'est pas rien, pour moi, sa date de parution, mais je vous épargnerai des considérations personnelles inutiles.
Disons, pour faire concis, que ma vie basculât fin août 2012. 
Et j'ai envie de croire (et je fais bien ce que je veux) que certains romans ne croisent pas votre chemin par hasard.

La Mort est une nuit sans Lune est un roman pour le moins bouleversant, que j'ai laissé infuser en moi pendant de nombreux mois avant de le relire et d'enfin en parler ici.
(D'autant plus bouleversant qu'il est pas mal autobiographique, que son auteur (rencontré il y a peu) est une personne absolument délicieuse, et que j'ai cru croiser au fil des pages une belle personne également croisée dans la vie depuis ma première lecture, en septembre, donc...).

Ce roman, c'est un cri qui vient du ventre et de l'âme.
C'est le passé et le présent qui se marchent dessus.
C'est une vue lucide sur le sens de la vie et son non-sens.
C'est le rappel de la mort qui rôde et la mélancolie qui frappe Augustin dès l'enfance, le poids d'un passé oublié. La force de l'amitié et du sacrifice.
C'est la déclaration d'amour d'un fils pour sa mère et d'une mère pour son fils.
C'est la définition de l'amour la plus réaliste qui soit, de la rencontre passion/folie, à la vie à deux cadenassée... les soucis, la routine, les liens qui se relâchent et cèdent, le renoncement, les adieux, les paradoxes...
C'est la définition de la douleur, du manque, qui prend aux tripes, créé des zombies, jette dans un trou d'isolement sans fond, ôte l'envie de tout et casse les dents.

Ce roman, hypersensible, regorge de poésie rimbaldienne mais aussi d'humour comme j'aime, donc cynique.

Renaud Santa Maria dans ce livre sombre aux airs de chemin de croix, nous emporte, nous terrasse, nous relève et, des mois après ma première lecture, je n'ai pas oublié que l'une de mes nouvelles maximes vient de lui, et que nous sommes juste des allumettes...

"Tout ressemble tellement à une allumette que l'on gratte, qui gigote de toute son étincelle et puis qui s'éteint sans que l'on puisse la rallumer.

Nous sommes des allumettes, mon Raphaël." (...)