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Cambridge, de nos jours. Au détour d’une allée de l’imposant campus, Oscar est irrésistiblement attiré par la puissance de l’orgue et des chants provenant d’une chapelle. Subjugué malgré lui, Oscar ne peut maîtriser un sentiment d’extase. Premier rouage de l’engrenage. Dans l’assemblée, une jeune femme attire son attention. Iris n’est autre que la sœur de l’organiste virtuose, Eden Bellwether, dont la passion exclusive pour la musique baroque s’accompagne d’étranges conceptions sur son usage hypnotique… 
Bientôt intégré au petit groupe qui gravite autour d’Eden et Iris, mais de plus en plus perturbé par ce qui se trame dans la chapelle des Bellwether, Oscar en appelle à Herbert Crest, spécialiste incontesté des troubles de la personnalité...

Le cadre de ce "roman de campus"/thriller psychologique est la prestigieuse ville estudiantine de Cambridge, mais (pour une fois) le personnage principal, Oscar, n'y est pas étudiant, et ne correspond pas tout à fait aux membres (fils/filles de familles fortunées) du groupe qu'il va "accidentellement" intégrer.
Oscar Lowe, issu d'une famille plus que modeste, est un jeune homme les pieds sur terre, qui tente de se contenter de vivre dans l'ombre de cette grande université, n'ayant pas l'argent ou les connexions pour s'y inscrire comme étudiant. Il occupe un poste d'aide soignant dans une maison de retraite, confronté à la dureté de la vieillesse et à l'humilité qu'elle impose.
Lorsqu'il tombe amoureux d'Iris, il pénètre dans l'univers d'une jeunesse dorée et brillante, qui reste en cercle fermé et s'ennuie.
En "chef" de groupe: Eden, frère d'Iris, musicien talentueux à l'aura puissante, qui les fait tous participer à ses expériences, convaincu de son "pouvoir", et de celui hypnotique/guérisseur de la musique...
Oscar lui fait alors rencontrer Herbert Crest, psychologue de renom gravement malade...

Etonnant comme j'ai traversé ces pages comme ensorcelée, cherchant à savoir, à comprendre, à cerner les multiples personnages, m'attachant à l'un à l'autre, redoutant l'explication du drame qui nous est immédiatement annoncé dans les premières pages.
Malgré quelques légères longueurs, Benjamin Wood maîtrise sacrément son histoire dans une 
écriture rythmée, prenante, où la musique est très présente (et donne envie d'écouter du Mattheson), il nous trimballe avec une aisance assez incroyable entre génie, folie, foi, science, espoir et psychologie. 
Il m'a peut-être manqué un tout petit minuscule quelque chose sur la fin, mais j'ai été franchement impressionnée par le traitement de thèmes tels que l'hypnose, les croyances confrontées au scepticisme, ou celui de la fin de vie si subtilement abordé avec Herbert Crest... Par le tableau d'une famille et d'une société figées derrières des barrières entravant les échanges, encourageant les drames. Et, évidemment, par cette "étude" d'un esprit brillant perturbé, de son entourage écrasé, de sa capacité à l'auto persuasion/manipulation, et les conséquences de certains évènements survenus dans l'enfance... 

Un auteur à découvrir avec ce premier roman qui mérite amplement le prix du roman FNAC qu'il a reçu en cette rentrée 2014! 
(Et que je verrais bien adapté au ciné....).

"Les grands esprits sont sûrement de proches alliés de la folie, et de minces cloisons les en séparent."

L'auteur >> Benjamin Wood, né en 1981, a grandi dans le nord-ouest de l’Angleterre et a travaillé dans le milieu de la musique en tant que parolier. Il anime des ateliers d'écriture. Amplement salué par la critique et finaliste de nombreux prix, le Complexe d’Eden Bellwether est son premier roman. Il a remporté le Prix du roman Fnac 2014.
Son site: http://www.benjamin-wood.com

Les éditions Zulma : http://www.zulma.fr