Sycomore

Seth Hubbard, homme riche atteint d’un cancer, n’a confiance en personne. Avant de se pendre à un sycomore, il laisse un testament manuscrit. Ce document va plonger ses enfants désormais adultes, sa femme de ménage noire et l’avocat Jake Brigance dans un conflit juridique aussi brutal et dramatique que le procès pour meurtre qui avait défrayé la chronique dans le comté, seulement trois ans plus tôt.
Ce second testament va soulever bien des questions sans réponses. Pourquoi Seth Hubbard veut-il laisser presque toute sa fortune à sa femme de ménage? 
La chimiothérapie et les antalgiques ont-il affecté ses facultés de jugement? 
Et quel rapport tout cela a-t-il avec cette parcelle de terre qu’on appelait autrefois l’allée du Sycomore?

John Grisham avait déjà pris Clanton (= Klan town...) comme cadre principal dans Le droit de tuer (adapté au cinéma)/Non coupable (>> il a eu deux titres chez Pocket), où Jake (son personnage le plus autobiographique) défendait un homme noir meurtrier de deux hommes blancs ayant violé sa fille. 
Nous retrouvons donc ici Jake, et d'autres personnages du Droit de tuer (sorti en 1989) mais L'allée du Sycomore peut se lire indépendamment, car il y a de nombreux rappels/retours en arrière.

Nous revoilà donc dans le Mississipi, Sud profond des Etats Unis, en 1988, où l'alcool, le racisme, l'intolérance et la suspicion règnent et la violence du Ku Klux Klan sévit.
Grisham décrit comme peu y parviennent (et comme un ancien avocat qu'il est) le monde des tribunaux, les procès, le milieu des avocats, des juges, les menaces et les arrangements, la difficulté de faire respecter les dernières volontés d'un homme.
Il parle aussi intelligemment de filiation, des relations père/fils/fille/petits enfants parfois décevantes, ainsi que des familles intéressées à l'arrivée annoncée d'une grosse somme d'argent.

Malgré des longueurs (et répétitions), je n'ai pas eu envie de lâcher ce roman quand même bien mené et ambitieux, où Grisham alterne les scènes prenantes puis drôles et cyniques, montrant l'absurdité et la violence de certaines attitudes et mentalités. 
Un roman aux personnages soit attachants soit pittoresques ou affreux, au cadre âpre, gangréné, et à la fin vraiment émouvante.
Car dans cette fiction juridique, il est effectivement beaucoup question de ségrégation (montrée du doigt sans concession) mais aussi, et surtout, de culpabilité, de salut, de pardon... et de réparation.
Un roman qui rappelle que le droit accompagne parfois l'histoire, permet à des secrets d'être enfin révélés, et d'enfin alléger le poids d'un lourd passé.

"J’admire Seth pour son courage. Il se savait mourant, et pourtant il a refusé de faire ce qu’on attendait de lui. Il a choisi une route bien plus périlleuse. Il savait que sa réputation serait ternie, que sa famille allait maudire son nom, mais il a fait fi de tout ça. Il a fait ce qui lui semblait juste."

L'auteur >> Né en 1955, John Grisham a commencé sa carrière comme avocat. Passionné d'écriture, il écrivait à ses heures perdues. Avec La Firme, paru en 1991 et vendu à des millions d'exemplaires, il rencontra son premier grand succès. Depuis, il a vendu plus de soixante millions d'exemplaires dans le monde et a écrit vingt-deux romans dont L'Affaire Pélican, Le Maître du jeu, L'Associé, L'Héritage, Le Dernier Juré, Le Clandestin, La Revanche, tous publiés chez Robert Laffont et repris chez Pocket, et beaucoup d'entre eux ont été adaptés au cinéma. 
Son site: http://www.jgrisham.com

Les éditions JC Lattès : http://www.editions-jclattes.fr