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Certaines rencontres peuvent-elles changer le cours d'une existence ? Assurément. Une extraordinaire leçon de vie attend Paul Lamarche, Paul qui pense que réussir sa vie, se résume à... réussir. 
Un Noir américain à la carrure d'athlète rencontré en prison et un puissant homme d'affaires japonais qui parle de cerisiers et de poussières, d'autres encore, lui permettront enfin de comprendre que l'on ne réussit que lorsque l'on se met debout. Paul admettra enfin que les peurs ont mené sa vie jusque-là. On ne peut marcher que lorsqu'on dépasse les craintes qui nous entravent tous et nous empoisonnent. La vie est au bout du chemin.

L'auteur, Antoine Paje est né en septembre 1971 à Paris. Diplômé de l'ENSIA, devenue AgroParisTech, il a été gérant de société et a travaillé plusieurs années avec l'étranger. Peu à peu, il prit conscience qu'il passait à côté d'une chose fondamentale, une chose que des rencontres avaient tenté de lui faire sentir, semant des graviers qu'il persistait à ne pas voir. Antoine n'était pas heureux. Pourtant, il n'était pas non plus malheureux. Un jour, il comprit qu'il n'habitait pas en lui-même. Il comprit qu'il ne faisait qu'effleurer la surface des êtres, dont lui. Antoine prit enfin le chemin tracé par les graviers et sut qu'il avait toujours eu peur, sans même s'en douter.

C'est le titre de ce roman (inédit chez Pocket) qui m'a d'abord attirée. Puis le parcours de son auteur qui, par le biais de ce roman/conte moderne, partage avec nous ses expériences de vie qui l'on mené à une bénéfique prise de conscience à ses quarantes ans...

C'est un court roman (contrairement à son titre ;-)), que j'ai lu en un dimanche particulier, dans lequel nous suivons Paul, un homme qui a envie de réussir, et pour qui la réussite passe par le succès professionnel, l'avoir/le matériel...
Pourtant, au cours de voyages et de rencontres au fil de ses quarantes premières années (un prêtre américain, un riche japonais, une courageuse anglaise, un chien...), il accumule, sans le savoir, de petits cailloux qui vont finir par le mener sur un meilleur chemin, l'éloigner de la peur, le rapprocher de lui-même.
Ce sont nos peurs, nos craintes, dont parle ce livre, et qui nous rappelle combien, souvent, ces blocages dressent des barrières qui nous font essentiellement passer à côté de belles choses, de beaux moments.
Ecrit comme cela, ça semble un peu "simpliste", mais je ne pense pas qu'Antoine Paje avait pour "but" d'écrire un traité de philosophie de haut vol...
Pour ma part, malgré des clichés et lieux communs, suivre le parcours de cet homme, qui parle avec franchise et clémence de ses erreurs qui l'ont fait aboutir à sa propre définition du bonheur, ne m'a pas déplu.
Bon, très honnêtement, ce n'est peut-être pas un roman qui me laissera une marque indélébile, mais c'était une plaisante lecture du dimanche, qui contient une sage "morale" qu'il n'est jamais mauvais de rappeler...

"On tente de se calmer, de se rassurer, en faisant de l'argent,  en achetant des choses dont, au fond, on n'a ni besoin ni envie (mais les autres les ont, donc, on se dit qu'il nous les faut aussi), en roulant des mécaniques pour se convaincre qu'on n'a pas peur. Chaque fois, le gouffre glacial et effrayant devant lequel on se tient s'élargit. Chaque fois, on se rend compte qu'on n'est pas du tout rassuré. il en faut encore et encore, mais ça ne sert à rien car le gouffre est en nous. Prendre conscience que nous sommes notre propre précipice est le seul moyen de le combler, de le faire disparaître. Du coup tous les faux remèdes qui ne nous ont jamais aidés n'ont plus de raison d'être. Notre besoin d'impressionner les autres pour exister, notre relation merdique avec un être qui ne nous apporte rien (mais on se console en se disant qu'au moins on a quelqu'un), notre peur d'un voisin chiant, d'un patron caractériel, d'un parent odieux, tout cela se volatilise.
Je suis fort, je n'ai plus peur, je n'accepte que ce qui construit ma vie, mon voyage."