Zoé

Henry vit retiré dans une espèce de fort isolé au bout d’une piste de dix kilomètres.
Tous les deux jours, le vieil homme se rend au village voisin pour acheter son pain.
C’est à la boulangerie qu’il rencontre Zoé, la jeune vendeuse de dix-huit ans.
Au fil du temps, une curiosité réciproque et une complicité muette s’installent entre eux.
Chacun est intrigué par l’autre, au point qu’un dialogue épistolaire et presque clandestin s’instaure: Zoé glisse des petits billets dans les miches de pain qu’achète Henry auxquels il répond avec une constance sans faille. 

Etymologiquement, le prénom Zoé remonte à la Rome antique, plus exactement à 270 avant J.-C.
Des habitants étaient chargés de traduire la Torah en grec. Le nom commun h'ava, qui signifie "vie/existence" a été traduit en grec par "zoè".
Zoé/Vie/Existence... Et tout le roman prend sens.

Zoé est un dialogue épistolaire entre deux solitudes qui se croisent, un échange entre un homme qui a sa vie derrière lui et une jeune femme qui a la sienne devant elle.
C'est une histoire de bilan(s) et d'inventaire(s), de philosophie de vie, lorsque les années ont passé, et/ou les déceptions/épreuves ont frappé. 
Petit à petit, Henry apprivoise Zoé, tous deux se dévoilent secrètement, pudiquement, leurs écrits résonnent l'un en l'autre dans ce roman sous forme de conte, où deux générations se mêlent et se réconcilient. 

Alain Cadéo, dans un style poétique, parfois lyrique (qui ne doit pas vous effrayer) signe ici un livre court et dense sur la vie, sa force, et sa brièveté. 

 "Une vie peut-elle se bâtir autour d'un frôlement de mains? Les regards qui nous ont remués sont nombreux. Combien ont abouti à une rencontre? Nos existences en mouvement permanent ont ainsi identifiés une série de signes, empathies, affinités, attirances, fascinations, troubles... Combien en avons-nous affrontés? Pusillanimité, manque de temps, incapacité à reconnaître l'essentiel, hésitations, expériences malheureuses. Tous les arguments sont bons pour justifier ces "ratés" du destin. J'en viens à envier les maîtres du portrait, de Holbein au Titien, les Dürer, les Cranach, Pontormo, Lorenzo Lotto, enfin tous ceux qui soit par choix soit pour honorer une commande pouvaient contempler un corps et un visage à satiété. 
Nous qui ne sommes que des petits peintres de la vie, nous n'avons parfois que quelques secondes pour identifier ce "quelque chose", à la limite du dérangeant, chargé d'un pan oublié de nous-même, mais que nous ne développerons jamais faute de temps, de disponibilité, d'audance et n'étant au fond que notre peur d'être déçus."

L'auteur >> Alain Cadéo a écrit plusieurs romans dont "Stanislas", "Le mangeur de Peur", "Les anges disparaissent", "La corne de Dieu", et des textes pour le théâtre. En 2015, il publie "Zoé" aux éditions du Mercure de France. Il vit à Évenos, en Provence.