madone

Une jeune femme à la robe blanche est retrouvée assassinée dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. La police et Claire Kauffmann, la procureur, s'interrogent. Qui est cette morte ? Au nom de quelle abomination lui a-t-on scellé le vagin à la cire de cierge?
Sa présence lors de la procession du 15 août tenait-elle de la provocation ou de la ferveur religieuse? Le père Kern, le prêtre de Notre-Dame, est persuadé que l'enquête fait fausse route. Pour élucider le mystère de la Madone, l'homme de foi remontera jusqu'aux racines du mal...

Alexis Ragougneau a été surveillant à Notre Dame pendant quelques temps, il en a profité pour tout observer finement, et nous plonger en immersion totale dans cet univers de mixité et d'accueil, mais aussi de commerce..., où se croisent touristes et habitués de ce monument historique/mythique qu'est cette cathédrale.
(Aparté: dois je vous avouer que, parisienne depuis toujours, je n'y suis jamais entrée...?).
Dans ce lieu ancestral la présence de membres de la police, aux techniques modernes et comportements parfois inconvenants, est plutôt incongrue, mais finalement un confesseur est une sorte d'enquêteur, et les enquêteurs sont à la recherche de confessions. 
Et c'est en cela que ce court roman est efficace, en montrant ce prêtre, animé par son 
amour de l'autre/soutien des opprimés, à la sensibilité exacerbée par son "travail" mais aussi par un passé douloureux, un physique pas facile, un corps plein de souffrances, être meilleur qu'un flic blasé, misogyne, aux méthodes discutables.

Alors, je me suis demandé si tous les personnages n'étaient pas un peu "clichés".
Le prêtre-Quasimodo, le flic con, la magistrate sensible.... etc.
Et finalement, j'ai répondu: oui ils le sont. MAIS il me semble que c'est volontaire, du moins qu'Alexis Ragougneau n'essayait pas de démarquer ses personnages, pour laisser toute sa place à son histoire et aux valeurs et personnes qu'elle défend: les "transparents", une vieille femme fondue dans le décors, un clochard, une prostituée, un accusé d'office, les suspects faciles...
Mais aussi une femme marquée par son passé qu'elle préfère taire...

Et, en fond, m'a-t-il semblé, est posée la question du "souci" du célibat des prêtres.
Ainsi que celle des accointances Eglise/Etat.

Un roman efficace, au déroulé somme toute classique, et au cadre très théâtral, traitant de l'affrontement bien/mal et des doutes qui peuvent animer un homme d'église et une femme de loi.

"Au-dessus du distributeur de cierges était inscrit en lettres lumineuses et en diverses langues : Servez-vous, offrande à votre discrétion, montant conseillé: 5 euros. Puis, d’un geste tout aussi las, le sacristain vidait les racks métalliques voisins sur lesquels, la veille, plusieurs centaines de bougies s’étaient consumées au fil des heures, faisant de la place pour un nouvel alignement de veilleuses, de prières et de paroles d’espoir adressées à Marie.
Un peu plus tard, un autre employé viendrait vider les troncs remplis de pièces et de billets à l’aide de sacs en toile sécurisés. Des présentoirs à bougies similaires, il y en avait dans toute la cathédrale, disséminés aux endroits stratégiques, au pied des statues, sous les christs en croix, dans les chapelles dédiées au recueillement."


L'auteur >> Né en 1973, Alexis Ragougneau est auteur de théâtre et a publié plusieurs pièces aux Éditions de L’Amandier et La Fontaine. Nombre d’entre elles ont été créées en Suisse et en France (notamment au théâtre de La Tempête et à La Cartoucherie), ou lues (au théâtre du Rond-Point). Son travail a été salué par la critique et il a reçu plusieurs bourses, notamment celles du Ministère de la Culture et du CNL. La Madone de Notre-Dame est son premier roman.


Lien vers lequel vous pouvez lire les premières pages de ce roman policier, sur le site des éditions Viviane Hamy >> http://www.viviane-hamy.fr/catalogue/collections/chemins-nocturnes/la-madone-de-notre-dame/article/la-madone-de-notre-dame