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Parfois lorsque les livres sont très gros, j'ai peur.
Pas du nombres de pages à lire, mais du fait que cela implique parfois des longueurs, et de l'ennui.
Pour les livres de 100 pages ou moins c'est différent mais j'ai également une appréhension.
La crainte que ce ne soit trop court, "pas assez", pas le temps de m'attacher aux personnages...
(Mais quelques romans lus dernièrement m'ont vigoureusement détrompée).

Ici, je crois que le stype épuré de ce premier roman est exactement ce qu'il fallait.

Impuissant face à une mère qui renonce à lutter, qui glisse, et qu'il ne peut pas retenir, Jacques tente de se raccrocher à son passé, de revenir vers celle qui lui rappelle le temps où tout allait bien.
Mais le passé peut il se rattraper?
Que fait on quand on a presque tout perdu, y compris soi même?

Commence alors une errance, le deuil, la solitude et une lucide mélancolie.
Mais aussi, l'envie de se sentir exister, renaître...
Le personnage part alors dériver ailleurs, dans un pays choisi au hasard, mais pour se trouver ou se perdre?
 
Il y a du Beckett dans ce roman qui souligne l'absurdité de la vie et de certaines situations qui peuvent mener à notre fin et à une scène finale qui me restera en tête pendant longtemps.

"J'étais venu au bord de la mer pour me changer les idées. Mais on ne change jamais d'idées. On change de climat, de vêtements, jamais d'idées."