Deux beaux livres des Editions Héloïse d'Ormesson, en attendant la sortie du dernier roman d'Harold Cobert dans la même édition!!!

 

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PREMIERE - Marc Quentin SWARCBURG

Etonnant. 
Alors que nous avons un peu évolué dans les mêmes endroits/milieux, je ne connaissais pas Marc Quentin Swarcburg avant d'en lire des éloges chez Harold Cobert, dont j'aime la plume ++ (vous n'avez pas encore lu DIEU SURFE AU PAYS BASQUE?. Bon, je reviendrai vous en parler)...
Il a su me donner envie en parlant du roman de son ami, et je l'ai suivi les yeux fermés. 
Ai-je été déçue? 
Et bien non. (Ouf).
PREMIERE est sacrément réussi. 

L'histoire?
Comment les comédiens s'occupent-ils à l'aube d'une première ? Daniel Barbane, star du grand écran, a une vision très paradoxale de la situation : il préférerait se faire briser les jambes ou orchestrer son propre enlèvement que de se produire au théâtre ce soir-là.
Quant à Catherine Cousin, sa non moins célèbre partenaire, elle donnerait tout, en revanche, pour monter sur les planches. Mais son programme - de rencontres en arnaques, de rendez-vous en déconvenues - ne s'annonce pas de tout repos.
Seul Gérard, l'éternel second rôle, vaque à ses occupations : ce n'est pas pour quatre répliques qu'il va angoisser.
Le rideau va bientôt se lever, la pression monte. A l'issue d'une folle journée où s'enchaînent force sketches, est-ce que tout le monde sera de la partie ?

En 24h, des personnes se côtoient, luttent/s’adaptent (avec une concierge haute en couleur, bien plus fun que celle de l’ELEGANCE DU HERISSON ;-)), se supportent (dans le monde du spectacle, c'est souvent le cas :-)), des vies changent et l'on se prend au jeu, on veut savoir, Marc Quentin nous tient en haleine, même si l’on peut éventuellement se douter de la fin, que l’on espère ainsi et pas autrement, d’ailleurs.
Le style d'écriture est très rythmé, très scénaristique, mêlant humour et cynisme/réalisme sur les acteurs/réalisateurs/metteurs en scène, les agents/attaché(e)s de presse and co...
Et une citation qui tourne en comique de répétition assez savoureux...
Marc Quentin connaît le milieu et ça se voit (je me demande d'ailleurs combien de personnes de son entourage ont cessé de lui parler depuis ;-)).

Mais ce serait réducteur de n’en dire que cela, car il n'y a pas que ça dans ces 215 pages qui se dévorent. 
Il y a aussi en filigrane une jolie réflexion sur la vie de couple, les années qui passent et font des dégâts…, les trahisons, les bilans douloureux, les amis que l’on néglige, l’égocentrisme et les burn out (le personnage principal m’a un peu fait penser à Dupontel dans FAUTEUILS D’ORCHESTRE...).
Et tout cela avec une légèreté qui fait franchement du bien. 

Cet auteur mérite vraiment d’être découvert, et d’être suivi de près.


Genetet

ET N'ATTENDRE PERSONNE - Eric GENETET

ET N’ATTENDRE PERSONNE, c'est, selon moi, une histoire de départs, et d’arrivées…
Et de tout ce qui se passe avant, pendant… et la philosophie de l’après, sans âpreté.

Ce roman a résonné en moi et s’est insinué dans mes fêlures toutes personnelles. Il a déjà sa place spéciale réservée dans ma bibli. Je refuserai de le prêter (vous voilà prévenu(e)s ;-) ) mais je l’offrirai. Et ma fille le lira. 

Parce que tout y est dit sur le vide sidéral/rant que provoque le départ d’un enfant qui, à 20 ans, s’en va logiquement voler de ses propres ailes, du temps qui passe comme un Boeing… et on a beau te le répéter, tu as beau avoir conscience que ce moment arrivera, voire même parfois (oui) tu l’espères, rien ne t’y dispose. Et alors, c’est toute ta vie qui chancèle.
P80/81, j’ai été obligée de faire une pause dans ma lecture, et ça ne m’arrive pas si souvent. Puis j’ai relu p80, 81, 80, 81, 80……… Je me suis levée et ai débarqué dans les chambres des enfants, juste pour sentir la présence de leurs petits corps chauds comme des petits pains. 
(Pfouf… reprendre là où j’en étais, P82). 

Et face à ça : le couple, ébranlé, qui ne se reconnaît plus sur la photo. 
La quarantaine, le bilan, le boulot/le chef qui devient insupportable, les envies qui jaillissent et divergent... Le vernis qui saute. Les obligations parentales qui s’estompent et entraînent une liberté que l’on croit avoir le droit de s’octroyer désormais, les non dits, l’infidélité soupçonnée, les secrets de famille qui ressortent. Et l’amour qui voudrait triompher de l’égoïsme, de la souffrance, de la colère. Et « clic », ce moment sourd où les choses basculent.

Eric Genetet a cette force de n’agonir aucun personnage de reproches, de nous conter tout cela avec une légèreté et une sensibilité douce amère dans un livre sincère et à fleur de peau.

Une très très belle rencontre...