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En notant le titre de ce roman je m'étais demandé s'il y avait eu une étude sur le succès des livres par rapport à la longueur des titres.....?? (Je ne crois pas mais tiens je vais chercher)

Je salue d'ailleurs l'inventivité de l'équipe de créa qui a réussi à intégrer ce (très) long titre de manière plutôt inventive et poétique sur la très jolie couv.

Alors, maintenant que j'ai fini de lire ce roman-au-long-titre, et d'admirer sa couv, comment vous dire... je suis plutôt déçue, bien que ce soit un bon roman très documenté et bien écrit.

L'histoire >>
Un carnet de notes. Un héritage inattendu. La rencontre improbable de deux mondes.
Parce qu'elle cherche à fuir l'Angleterre de l'entre-deux-guerres et son carcan bourgeois, Evangeline, jeune femme éprise de liberté, décide de suivre sa soeur missionnaire jusqu'en Asie, emportant avec elle sa bicyclette. 
Des décennies plus tard, Frieda, une Londonienne en perpétuel transit, apprend qu'elle est l'unique héritière d'une femme dont elle ignore tout. Débute alors pour elle un fabuleux voyage à travers le temps.

L'alternance entre les époques, lieux et personnages principaux m'a fatiguée, on finit par s'y perdre un peu mais surtout on finit par ne pas trop s'attacher aux personnages, à part celui d'Evangeline (mais, quand même Evangeline qui part évangéliser, sérieusement...?).

Pourtant, la période historique 1920/30 est parfaitement bien dépeinte, ainsi que l'expérience de missionnaire dans une région d'Asie essentiellement habitée par des musulmans, sans parler de l'exotisme qui émane des pages que l'on tourne rapidement.
Peut être un peu trop rapidement pour ma part car j'avoue avoir un peu lu certains paragraphes en accéléré car au bout d'un certain temps, vous l'aurez compris, je me suis un peu ennuyée, trouvant que les histoires tournaient un peu en rond.

Mais je voulais tout de même suivre ces parcours croisés jusqu'au bout, comprendre les liens qui unissaient 2 femmes aux vies si éloignées et proches à la fois, savoir ce qu'elles allaient devenir, ainsi que Tayeb, artiste sans papier paumé en plein Londres... 
Parce que derrières les longueurs il y a un vrai travail d'écriture (et ce n'est qu'un premier roman, la plume de Suzanne Joinson me semble donc prometteuse), qui donne un peu à réfléchir sur la situation problématique des sans papiers, sur la religion et l'évangelisation-ses-dangers-ses-échecs, l'adoption, l'amour maternel, la condition féminine et l'homosexualité, aussi, un peu (bis)...

Selon moi, malgré cet avis mitigé/déçu, je dirais que ce roman est typiquement un roman d'été à lire tranquillement au bord de la piscine, ou sur la plage ou dans un parc parfumé.

"Si jamais tu te sens perdu, la meilleure politique consiste à sélectionner un point de concentration et à ne plus le lâcher des yeux ; c'est le seul moyen de garder ton équilibre et de ne pas tomber au fond du gouffre."