Bien...

Durant mon absence j'ai continué à lire pour ELLE.

3 livres par mois.
Rythme assez simple à tenir, même si parfois certains livres ont été une véritable tannée.
Je me suis demandé si c'était parce que je n'étais pas réceptive. Si ces livres tombaient dans mon trou noir.
Si c'était parce que je ne comprenais (et ne comprends toujours pas) comment les titres sont initialement sélectionnés (et je compte bien le leur demander lorsque je les rencontrerai le 22 mars au salon du livre).

Parce qu'au milieu de leurs sélections, je lisais de moi même de vrais bijoux, beaucoup moins pompeux, beaucoup plus doux ou marquants, ou les deux.

J'ai décidé de ne pas parler de TOUS les livres que j'ai reçus... le retard serait un peu trop compliqué à rattraper.
Et certains titres ne méritent pas la perte de temps.
N'y voyez pas de la provocation ou du snobisme dont je ne suis pas le moins du monde dotée, je crois...
Les auteurs ont tous un talent que je n'ai pas, je ne me pose pas en juge suprême, mais en lectrice qui aime être emportée, par qui que ce soit, petit ou grand, et parfois ça ne me pénètre juste pas (mais si vous me le demandez, je vous mettrai les fiches pas emballées... Par ex: celle de "Réanimation"...).

Ceci étant posé... J'ai eu UN coup de coeur:

 

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CERTAINES N’AVAIENT JAMAIS VU LA MER - Julie OTSUKA

Etonnant comme je ne parviens pas à parler de ce roman tout en le conseillant ô combien…

C’est un bijou, poignant, mais peut être pas facile à aborder.
Le travail de traduction est parfait, le titre français magnifique, tout comme le titre original (The Buddha un the Attic), sans parler de la beauté de la couverture.


L'histoire est incroyable et ce passage de l'histoire rarement abordée. Pour avoir fait des études en civilisations anglo saxonnes, je peux dire que pas une seule fois je n'ai croisé ce sujet dans mes livres… Pourquoi ?

Le mode de narration peut déstabiliser mais relève d’une véritable prouesse.
Il n'y a pas de personnage principal, on passe du "Elle" à "Je", dans un mélange de personnes aux divers destins (parallèles quand même), mais je ne voudrais pas que cela vous effraye, ça rend ce roman encore plus hypnotique et poétique.

C'est une histoire troublante, extrêmement touchante, révoltante.
Le déracinement de ces femmes parties du Japon pour rejoindre des maris qu'elles n'avaient encore jamais rencontrés, mais avec lesquels elles croyaient naïvement vivre enfin des jours meilleurs, la violence, la dureté de la vie, la désillusion profonde, leur dignité admirable face à cette brutalité, face au rejet, de toutes parts (y compris de leurs propres enfants qui finiront par « s’américaniser » et avoir honte de leurs parents ...), la paranoïa, la guerre, et encore une fois le déracinement……..

Et au milieu, des détails, comme des touches légères qui constituent un tableau, qui restera longtemps dans ma mémoire.

(Il a reçu le prix Femina 2012 alors je ne suis pas certaine qu'il remporte le prix, mais jusqu'ici, je ne vois que lui.)

 

Il y a aussi eu:

 

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LA VILLE DES SERPENTS D’EAU – Brigitte AUBERT

Un très bon polar au thème difficile et déjà traité par des personnes directement concernées par l’enlèvement et l’enfermement.
Mais c’est loin de n’être que cela.

C’est aussi l’innocence d’une petite fille qui émeut, la peine de parents touchés de plein fouet et qui ne se relèveront pas du drame de la disparition de leur enfant, l’échec d’un flic New yorkais qui tente de gagner sa rédemption dans sa ville d’enfance….

Des mères au foyer qui ne se doutent de rien de ce qui se trame, et qui nagent dans leur mal être tout en laissant le paraître l’emporter…

Des destins super bien dépeints, un suspens maitrisé, jusqu’à une fin un peu trop rapidement dévoilée, avec des morts inutiles, seul reproche que je ferai.

Ce polar m’a donné envie d’aller à la rencontre des autres écrits de Brigitte Aubert, car sa plume m’a plu et vu le thème, ce n’était franchement pas gagné.

 

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 CHER GABRIEL - Hafdan W. Freihoff

Récit du quotidien, cahier intime de la différence,  ce roman est très touchant par sa pudeur et l’amour qui en ressort. 

C’est le récit d’une douleur permanente, de l'espoir puis de l’épuisement et des doutes qui vous assaillent face à un enfant autiste (même si le mot n’y est jamais écrit, ce qui m’a quand même un peu dérangée car cela peut donner le sentiment d’une « maladie honteuse ») et de la vie/les mots qui doivent s’adapter à cet interlocuteur particulier.

C'est un livre « lourd » et léger à la fois, difficile à résumer, et que l’on reçoit de manière très personnelle, en ressentant autant d’admiration que de compassion envers ce père à qui la vie a imposé cette « épreuve » qu’il affronte avec le courage que l’on penserait ne jamais avoir…

 

 

 

 

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 LA TETE A TOTO - Sandra KOLLENDER

Encore un livre sur l'autisme.
Je me suis demandé pourquoi, vraiment, pourquoi? 
Puis, pourquoi pas après tout. Mais je ne tenais pas à le lire.

C'est un petit livre plein d'humour, de légèreté au milieu de la colère pleine d'amour d'une mère. C'est peut être idiot de dire que c'est une mère courage, mais elle l'est... il en faut du courage pour décrire avec précision et un humour décalé son parcours, du diagnostic difficile à poser, jusqu'au handicap... les médecins, les directrices d'école pas formées et pas volontaires, les AVS, les rendez vous médicaux, les bras qui tombent... puis l'espoir, le bonheur, la vie avec un enfant différent et ses richesses........

Un très joli livre qui donne envie d'embrasser ce gamin et de devenir copine avec sa maman mais aussi de secouer nos fichues institutions française qui obligent à aller parfois à l'étranger pour voir renaître l'espoir...




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NOTRE FORCE EST INFINIE - Leymah GBOWEE

Une descente aux enfers, la dépression, et une remontée en force, jusqu’au prix Nobel.
Ca c'est du destin fantastique !!
Une leçon de vie, de courage et de détermination bouleversante.

Une preuve, s’il était encore nécessaire, du fait que la solidarité est parfois bien plus payante que toute autre méthode individualiste…
L’histoire est fascinante, elle nous alerte sur la condition féminine en Afrique, la violence, la cruauté qui font le quotidien des femmes. Et leur force au milieu, l’amour des enfants, de la famille…
Cela donne envie de relayer son message, de lutter pour autre chose que soi même, de cesser de se morfondre sur ses propres soucis. 

Un livre qui devrait se partager, ce que j’ai déjà commencé à faire en le prêtant à 2 personnes qui ont, comme moi, eu envie de parler d’elle, de son parcours, du Libéria.


Et, quand même, les lectures de ce mois ci (dont je n'ai pas encore envoyé les fiches, qui sont encore à l'état de brouillon):

 

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BLANCHE NEIGE DOIT MOURIR - Nele NEUHAUS

Je n’avais rien lu ni entendu au sujet de celui ci, mais j’ai bien aimé la couverture (bien que difficile à poser sur la table basse à la vue des enfants… après faut expliquer, et je n’aime pas expliquer ce que je n’ai pas envie d’expliquer… « pourquoi elle saigne la dame ?? » « c’est pas du sang c’est du vomi »…. Nous sommes d’accord, ..., je n’avais rien d’autre dans ma manche à ce moment là…).

Je crois pouvoir dire que ce n’est pas un mauvais polar, mais je me serais bien passée d'une bonne centaine de pages je pense.

Aparté >> je suis déçue par Actes Sud: c'est quoi cette édition avec au moins 7 erreurs d'impression voire de traduction???!

Côté histoire: une sorte de Maison Assassinée (mais si, un des meilleurs films de Bruel...), une histoire de meurtre où tout le village sait qui a tué mais garde le secret... version roman allemand avec des noms longs comme un jour sans Coca, difficiles à retenir d'autant que tout se suit, s'emmêle et peut vite embrouiller/fatiguer.

On croit tenir une piste, puis une autre s’ouvre, puis une scène un peu inutile arrive, et les considérations personnelles/sentimentales d’un enquêteur tombent comme des cheveux sur la soupe…

Malgré tout, ça se lit… Et donne tout de même matière à réfléchir sur les erreurs judiciaires, les secrets, les personnes que l'on croit bien connaître, les préjugés et la réinsertion des repris de justice après qu'ils aient purgé leurs peines...

 

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JOSEPH ANTON – Salman RUSHDIE

J’avais envie de le lire depuis longtemps.

Et heureusement j’avais refreiné un élan compulsif à la FNAC car ELLE me l’a envoyé en début de mois. Il a logiquement été le premier sélectionné dans cette sélection… (…) …

Je ne peux pas nier l’aspect passionnant de la “cavale”, l’insécurité permanente face à une fatwa qui bouleversa sa vie, autant sentimentale que celle d’auteur, la liberté d’expression à défendre blablabla….

Mais c’est long (700 pages… dont peut être bien 300 de trop…).

Et entre nous, j’ai eu le sentiment qu’il s’écoutait beaucoup écrire, sans parler du côté “people”/vantard un peu écoeurant à force (comme le chocolat, n’en abusons pas, Mr Rushdie!…). J’ai levé les yeux au ciel quelques fois, et ce n’est jamais bon avec moi.

Mais il a ses fans, qui adoreront passer ce (long) moment avec lui.`

Et cela reste tout de même un homme à l'histoire incroyable (qu'il m'est arrivé de trouver sexy... si si...)

 

 

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 LE MONDE A L’ENDROIT – Ron RASH

Là, quand je l’ai vu dans la sélection ELLE, on était mal.

Je ne connaissais pas l’auteur, encore moins ce titre, la couverture ne me donnait absolument pas envie. Et les romans d’apprentissage, c’est rarement ma tasse de thé (les adolescents m’énervent (…)).

Et puis, on se laisse prendre…

Il y a une plume, une écriture simple, précise, lyrique, qui décrit la lutte pour la vie qui malmène, les chemins qui se croisent, et la nature, omniprésente.

Une belle réflexion sur les rapports père/fils, le goût de la lecture qui peut se transmettre (Dieu merci), le passé des Etats Unis, la connaissance nécessaire de ses origines, la découverte de l'amour et de la violence... ainsi qu’un pointage de doigt pas inutile sur le trafic de drogue…