dernier désir

«Bonjour. Excusez-moi de vous déranger, je viens juste me présenter. Je suis votre nouveau voisin. J’ai emménagé dans la maison, là-bas, au bout du chemin. Je m’appelle Martin.
– Ah? Martin, vous dites? C’est drôle…
– Oui, Vladimir Martin. Pourquoi ?
– Eh bien… moi aussi, je m’appelle Martin!»

Alors qu’ils ont fui la ville, Mina et Jonathan Martin voient se rompre leur isolement. Élégant, riche, spirituel, Vladimir Martin est le voisin idéal. Un peu trop généreux peut-être…
Jonathan se méfie mais Mina n’y voit que du feu. Le nouveau venu ne leur veut-il que du bien ?

Gérard Collard, célèbre libraire dévoué, disait dans une vidéo parlant de ce titre qu'il ne fallait pas faire attention à la couv qu'il trouvait ratée. Fait amusant, lorsque je suis allée chercher ce livre à la médiathèque, la bibliothécaire l'a longuement regardé, me disant qu'elle la trouvait jolie... Comme quoi... :-)
Personnellement, je dois admettre qu'elle ne m'aurait peut-être pas attirée au premier coup d'oeil, cette photo en noir et blanc, mais que finalement, elle colle à l'ambiance trouble et vampirique de ce roman...

Car, oui, il y a dans ces pages un clin d'oeil au roman " Dracula " de Bram Stoker dans les prénoms du couple, Jonathan et Mina, le prénom du voisin, Vladimir, et dans l'attitude de ce dernier.
Mais version "vampire moderne", de ceux, pervers, qui vous pompent l'air, vous bouffent la vie petit à petit... un homme fan d'internet, de technologie, riche et avide de possessions matérielles et humaines... pro de la manipulation. 

C'est vraiment un roman qu'on ne lâche pas, et qui surprend...
Un "thriller psychologique" que je suis quasi sûre de voir un jour prochain adapté à l'écran (ciné ou télé!), même s'il m'a déjà fait penser à Harry un ami qui vous veut du bien, mélangé à Jeune femme partagerait appartement.
Ce n'est cela dit pas étonnant car c'est un thème très cinématographique qui permet une montée progressive dans le suspens, et de prendre le temps de nous enraciner dans une campagne isolée, de dévoiler l'intrigue et lentement ferrer les personnages... 

En quelques pages, on traverse tous les états de ce couple sclérosé dans sa vie quotidienne parisienne, qu'ils quittent pour le Berry, afin de pouvoir posséder une maison, avoir un enfant, et vivre dans une quasi auto suffisance alimentaire. En harmonie...?
Pas si sûr...
Car ils se retrouvent violemment sortis de leur quasi autarcie confrontés à leur voisin intriguant ayant une grande propension à la dépense qui éveille des complexes et des envies...

Paranoïa, aveuglement, folie, trahison... par les actions/réactions de ses personnages c'est les risques de la société de consommation, la frustration, la convoitise, le vice, qu'Olivier Bordaçarre nous met sous les yeux, dans un roman qui absorbe, et prête à réfléchir...


"La possession est le plus court chemin vers le manque. La soif éternelle."

L
'auteur >> Né en 1966 Olivier Bordaçarre est écrivain, comédien, metteur en scène et formateur depuis 1992. 
Il crée Le Théâtre de l’Olivier en 2000 et écrit ses propres créations.

Il encadre également de nombreux stages et ateliers de formation (théâtre, écriture, lecture…) dans des structures telles que: CEMEA; écoles, collèges, lycées ; associations théâtrales ; compagnies d’amateurs; hôpitaux psychiatriques; instituts médicopsycho-pédagogiques; associations d’insertions professionnelles…
Il est l’auteur chez Fayard de trois romans remarqués, Géométrie variable (2006), Régime sec (2008) et La France tranquille (2011).

Les éditions Fayard: http://www.fayard.fr

La chronique de Gérard Collard: http://www.lesdeblogueurs.tv/culture/livre-la-chronique-de-gerard-collard-dernier-desir/
Les mots de Lydie Zannini (libraire passionnée qui apparaît sur le bandeau): http://librairiedutheatre.blogspot.fr/2014/03/dernier-desir-olivier-bordacarre-fayard.html