mon autopsie

"Je suis mort. C'est pas le pire qui pouvait m'arriver".
Jean-Louis Fournier s'est fait autopsié par la charmante Egoïne pour qu'on sache ce qu'il avait dans la tête, dans le coeur et dans le ventre.

Jean-Louis Fournier est mort, et comme il fait rarement les choses comme les autres, il a décidé de faire don de son corps à la science...
Et c'est une jeune femme, nommée Egoïne (qu'il laisse relativement froide) qui va se charger d'aller voir ce qu'il y a là-dedans.
La dissection clinique de ses membres et de ses organes permet alors à Jean-Louis Fournier de se livrer avec originalité par le biais de courts chapitres, de partager des souvenirs, des anecdotes sur sa vie, son parcours personnel/télévisuel (il a travaillé avec Pierre Desproges, et est le créateur de la Noiraude, et d'Antivol)/littéraire, et de revenir sur ses succès, ses erreurs, les femmes, sa famille/ses enfants, la vieillesse/la mort...  

C'est avec une grande transparence qu'il fait son auto-critique et se remet en question avec beaucoup de cynisme et d'auto-dérision.
Et alors qu'il pourrait paraître agaçant au fil des pages, et bien moi je l'ai trouvé toujours aussi touchant et attachant (remarquez, ce n'est pas incompatible...), car il écrit toujours avec le même humour, la même poésie, la même tendresse, la même honnêteté qui le caractérisent.

J
'ai parfois manqué d'un petit quelque chose au cours de ma lecture, car j'aurais aimé, tant j'apprécie cet auteur, qu'il développe certains sujet, qu'il nous en écrive plus, mais je respecte sa pudeur ou son envie de simplement nous offrir de courts billets légers malgré une certaine gravité.
Enfin bon, malgré l'économie de mots, reste son ton, sa façon de partager avec une douce insolence, une certaine élégance et beaucoup de respect envers les personnes qui ont croisé son chemin.

Dans Mon Autopsie Jean-Louis Fournier affirme, encore une fois, son grand appétit de vivre et d'aimer, et ce malgré les coups du sort, les dérapages et les bâtons dans les roues. 

"Mon cœur est gros comme un biceps de culturiste. Il a beaucoup servi. J'ai passé ma vie à être amoureux. Encore récemment, il servait. Toujours prêt à de nouvelles aventures.
J'étais imbattable dans la conjugaison du verbe aimer. Tous les temps, présent, passé, futur. Tous les modes. Sauf l'impératif, hélas.
Quand elle m'a ouvert le cœur, quelque chose s'est échappé et est tombé par terre...
Elle s'est baissée pour ramasser.
C'était une feuille d'artichaut."

L'auteur >> Jean-Louis Fournier est né en 1938 à Calais, il est l'auteur chez Stock d'une série de récits personnels dont la plupart ont connu un grand succès critique et public: Il a jamais tué personne, mon papa; Où on va papa? (prix Femina 2008); Poète et paysan; Veuf; La Servante du Seigneur; Ma mère du Nord.