UNE SEMAINE DANS LA VIE DE STEPHEN KING - Alexandra VARRIN
Il entre sans se presser, désinvolte. Un sourire au coin des lèvres, grand, un peu voûté, la démarche hésitante. Sous les flashes qui crépitent, malgré l’interdiction, ses yeux pétillent. Mi-gêné, mi-amusé, l’air de rien, il sort de sa coquille, prend quelques secondes pour observer la foule, curieux, vulnérable, perplexe. Le temps de traverser l’estrade, il endosse une nouvelle carapace, drapé dans le statut qui a réuni ici près de trois cents journalistes venus des quatre coins de la planète : celui de l’écrivain le plus célèbre au monde. »
Du 12 au 16 novembre 2013, Stephen King a passé une semaine à Paris pour promouvoir son nouveau livre, Docteur Sleep. L’occasion pour des milliers de lecteurs de rencontrer leur auteur fétiche, et pour Alexandra Varrin de transformer cet événement exceptionnel en véritable quête identitaire et introspective.
C'est donc son quotidien, son impatience, son excitation intérieure, et la tenacité dont elle a fait preuve durant ces jours où Stephen King était à Paris qu'Alexandra Varrin partage avec nous, sous forme de journal.
Je me souviens bien de ces jours-là, de la ferveur qui régnait un peu partout, sur les réseaux sociaux et dans Paris, d'avoir regardé La Grande Librairie juste d'un oeil... et c'est toujours amusant de voir ces moments vécus différemment par une personne pour qui cela revêtait une bien plus grande importance.
Alors qu'elle l'attend, Alexandra Varrin revient sur ses lectures essentielles, sa découverte de l'auteur lorsqu'elle était enfant, en pleine campagne, solitaire et décalée par rapport aux autres, chanceuse d'avoir la confiance de sa mère et de ses grands-parents qui l'ont laissée partir à la rencontre de l'univers de Stephen King.
Univers dont elle est imprégnée musicalement mais aussi jusque dans sa peau puisqu'elle porte plusieurs personnages emblématiques de King en tatouages, dont celui que l'on voit sur la superbe photo de couv, signée Thierry Rateau (http://www.thierryrateau.com/fr/accueil.html).
C'est avec sincérité, émotion et énergie, qu'Alexandra Varrin fait une sorte d'auto analyse (pleine d'humour, pas assommante!) en prenant beaucoup de recul sur elle-même, sur son attachement à Stephen King (sans hystérie), et sur son propre statut "précaire" d'écrivain, sa vie, ses peurs.
La proximité de son ton la rend super attachante et nous donne le sentiment d'avoir discuté avec elle, plutôt que de l'avoir lue.
Du coup, bien que n'étant pas une inconditionnelle de Stephen King, son aventure unique m'a attendrie, son amour de la lecture a résonné en moi, et la voir osciller entre hâte d'enfin voir King en vrai, et la crainte d'être déçue, je crois que cela parlera à de nombreux lecteurs pour qui l'oeuvre d'un auteur a une immense importance.
Ceci étant, attention, si vous avez l'intention de lire certains livres de Stephen King, Alexandra Varrin analysant ses lectures et donnant son avis personnel sur certains passages (voire certaines fins), vous pourriez trouver que certains sont déflorés ("spoilés" comme on dit maintenant), personnellement elle m'a surtout super donné envie de (re)découvrir certains titres, j'ai d'ailleurs très rapidement ressorti de ma bilbiothèque ceux que j'avais déjà.
"Ces êtres de papier sont mes amis: même si nous n'avons pas la même vision du monde, je comprends la leur et leurs expériences m'enrichissent. La plupart sont des gens normaux, comme moi. Nous venons du même milieu socio-culturel, et je suis sensible aux épreuves qu'ils traversent et à leur façon de les surmonter. Stephen King m'a rendu mon enfance en m'offrant une échappatoire; ses personnages m'ont appris à devenir adulte en expérimentant ce que je ne connaissais jusque-là qu'à l'état de concepts: l'amitié, l'amour, la violence, la haine, la trahison, la résignation, la bravoure, la peur, le courage. Et puis, c'est peut-être le plus important, l'équilibre à trouver entre sa part de lumière et sa part de ténèbres."
L'auteur(e) >> Alexandra Varrin est née en 1985 et vit à Paris. Elle est l'auteur de Unplugged (2009), Omega et les animaux mécaniques (2010), J'ai décidé de m'en foutre (2011), C'est Maman qui a tué le Père Noël (2012) (qui a reçu le prix Claude Milan créé par Eric Nalleau), tous publiés aux Éditions Léo Scheer. Une semaine dans la vie de Stephen King est son cinquième roman.
Les éditions Léo Scheer : http://www.leoscheer.com
Les sites d'éternels inconditionnels de Stephen King:
http://club-stephenking.fr
http://www.latoursombre.fr


