Jonathan Weakshield

1897, Scotland Yard, Londres. Le dossier Jonathan Weakshield est réouvert. Ancienne grande figure de la pègre, il avait été déclaré mort quinze ans plus tôt. Chef du Seven Dials, quartier redouté des bas-fonds londoniens, il y a fait régner l’ordre et la terreur au côté du Viking, le maître des gangs de la capitale, officiellement pendu en 1885.
Les empreintes retrouvées sur une lettre à une inconnue prouvent que Weakshield est vivant. Tandis qu’un inspecteur acharné se lance sur sa piste à travers l’Europe et l’océan Indien, l’enquête de deux journalistes du Daily News dévoile les secrets de celui qu’on avait surnommé pour sa cruauté le « loup du Seven Dials ». Qui est-il? Comment a-t-il disparu? Et pourquoi refait-il surface maintenant?
Il faudra remonter loin, revenir sur son passé en Irlande au temps de la grande famine,  interroger ses lieutenants, suivre son ascension à Londres, revivre la bataille des gangs de Strugglefield, son amitié brisée avec le Viking et son histoire d’amour secrète. Weakshield revient pour régler ses comptes et sauver la femme qu’il aime, mais les vieilles haines se réveillent et le sang s’apprête à couler de nouveau sur les bords de la Tamise.

Voici un roman digne du Gangs of New York de Scorsese!
Ici 
deux gangs ennemis se côtoient/s'affrontent dans les bas-fonds enfumés et crasseux de Londres... Deux journalistes décident d'enquêter alors que des doutes surgissent quant à la véracité de la mort d'un de ces chefs de gang, Jonathan Weakshield. Car son corps a été retrouvé, mais rien ne dit que ce ne fût pas un faux cadavre, une récente lettre avec ses empreinte ayant été découverte...
Mais alors, pourquoi/pour qui reviendrait-il, au point d'y risquer sa vie? 

Jonathan Weakshield est un roman feuilletonné foisonnant, aux multiples personnages fictifs ou
ayant réellement existé (Oscar Wilde, Stevenson, Jack l'éventreur...), aux flash-backs réguliers qui ont failli me perdre par moments.

Mais le destin du charismatique Jonathan Weakshield vous happe rapidement, ainsi que l'atmosphère sombre et moite du Londres underground dans lequel Antoine Sénanque nous balade avec un parfait 
sens du détail, résultat réussi d'un probable/immense travail de documentation/d'immersion, allié à une plume recherchée et poétique.
Une atmosphère emplie de la violence de la loi du plus fort, mais aussi de valeurs telles que la loyauté, la fidélité, l'honneur, l'amour et plus largement la liberté d'aimer. 

Avec ce roman, Antoine Sénanque a radicalement changé de registre pour nous offrir un roman d'aventure en nous plongeant dans l'Angleterre victorienne, les conflits/combats pour leur (sur)vie des dirigeants (ainsi que leurs proches) de la pègre londonienne, tout en soulignant la fascination de la presse/du public pour des
 personnages peu recommandables mais souvent admirés.

"Louis Meadows poussait la porte de son bureau pour s'en aller.
- Louis...
Il se retourna avec une grâce que Steven respira comme une bouffée d'opium.
- Qu'est-ce que t'intéresse tellement dans cette histoire?
- L'homme.
Et qu'a-t-il de si particulier, "l'homme"? demanda-t-il, en se moquant de l'emphase de la réponse.
Louis hésita, puis, avec un sourire où Steven retrouva la trace de la plus pure jeunesse, répondit:
- Il était magnifique, monsieur."

PS: une mention spéciale à la superbe photo de la jaquette!

L'auteur >> Antoine Sénanque est l'auteur, chez Grasset, entres autres de Blouse (2004), La grande garde (Prix Jean Bernard, 2007), L'ami de jeunesse (Prix Découverte Figaro Magazine, 2008), Salut Marie ! (Prix Version Femina, 2013) et Etienne regrette (2014).