roland est mort

Roland est mort. Les sapeurs pompiers l'ont retrouvé la tête dans la gamelle du chien. Ils viennent enlever le corps et se débarrassent du caniche en le confiant à son voisin de palier, un homme proche de la quarantaine, au chômage, très seul.
Roland est mort depuis une semaine. Son voisin ne le connaissait pas vraiment, mais il aurait dû s’en douter: il n’entendait plus les chansons de Mireille Mathieu, derrière le mur. Il écope du chien puis de l'urne contenant les cendres du défunt. Que faire de ce lourd héritage chargé de poils et de céramique?

Roland est mort... Voilà la phrase qui débute chacun des chapitres de ce roman-ovni. 
Oui, Roland est mort, et ceci dans l'indifférence générale. Personne pour le pleurer, pour recueillir son chien, récupérer ses cendres. 
Le narrateur, son voisin dont nous ne connaîtrons pas le nom, avait un point en commun avec lui: un mur mitoyen. 
Alors, à 40 ans, célibataire, au chômage, plein de tics et doté d'une famille sacrément amochée, il se retrouve avec des poids en plus: un caniche nommé Mireille (à cause de Mireille Mathieu) dans les pattes, et une urne funéraire sur les bras.
On se verrait perturbé à moins... Et comme notre anti-héros n'aime pas que l'on bouscule son quotidien très auto-centrée, il va tenter de maladroitement se défaire de ces nouvelles responsabilités. S'ensuivent d'hilarantes péripéties, savamment mêlées à des réflexions contemporaines désenchantées (mais indéniables...), et l'espoir qui peut surprendre à tout moment...

Derrière son côté humoristique, cynique, décalé et loufoque, Roland est mort est un roman fin, touchant et percutant, qui interpelle, dans un style simple, sur la solitude des temps modernes, et la fragilité/la volatilité de nos existences. Une belle découverte. 

"Je bois une liqueur de caramel au beurre salé. Je bois pour oublier mon père, ma mère, ma soeur et ma grand-mère sur sa chaise en plastique, pour oublier les copains du lycée, le responsable du centre de tri du courrier, l'agent des pompes funèbres, le monsieur de la SPA, la voisine du dessous qui m'annonce les mauvaises nouvelles. Je bois pour oublier celle qui n'est plus là, celle qui ne veut plus de moi, celle qui ne me retrouvera pas si mon coeur fait défaut en pleine journée. Je bois pour oublier que demain, Roland c'est moi."

L'auteur >> Nicolas Robin est né dans les Landes, en pleine canicule de juillet 1976. Sa seule vocation était la comédie. Il participe aux ateliers théâtre de son lycée et découvre le cinéma de Woody Allen. En 2000, il débarque à Paris et devient steward à Air France pour parcourir le monde. Il s’inscrit aussi à l’atelier du Teatro Pazzo, à Belleville, sous la direction de Claire Oiseau et écrit des saynètes pour jouer avec la troupe. C’est avant tout le goût de la mise en scène qui l’amène à l’écriture. Il conçoit ainsi son premier roman, Bébé Requin, sorti en 2006, comme une série télé. S’ensuit un autre roman en 2008, Super Tragique. En 2015, il a la chance de rencontrer Anne Carrière qui a un vrai coup de cœur pour son nouveau roman, Roland est mort. (Source: MetroNews)