Grande Panne

Accident ou attentat? Une explosion dans une mine de graphite italienne provoque l’apparition d’un immense nuage qui menace de s’enflammer au contact des lignes à haute tension. Pour éviter la catastrophe, une coupure électrique générale est décidée dans toute l’Italie, plongeant le pays dans le chaos. Le nuage se déplace vers le nord, et la France décide à son tour de procéder à un black-out sur son propre réseau. Le gouvernement part s’installer sur l’île de Sein, en Bretagne, pour superviser la panne qui s’annonce. On y croise un révolutionnaire qui rêve de mettre en place une insurrection civile, des conseillers qui tentent de contenir les humeurs d’un président de la République désabusé, un écrivain improductif qui observe son île devenue le centre hystérique d’un pays en état de choc, un brocanteur qui se trouve embrigadé malgré lui par un service secret étranger, un journaliste revanchard qui fait le portrait d’une France en apesanteur... 

Entre deux maux, le gouvernement au pied du mur choisit le "moindre", et la France se retrouve en plein chaos alors qu'une coupure d'électricité est décidée, afin d'éviter des dégâts irréversibles que provoquerait un nuage causé par l'explosion d'une mine graphite en Italie, suite à un possible attentat. 
Et nous voici dans les coulisses d'une cellule de crise, avec un Président un peu border-line et sa garde rapprochée ultra tendue, tous partis s'installer sur l'île de Sein.
Une île préservée et symbolique, celle-ci ayant développé sa propre autonomie énergétique, et connue pour ses habitants qui furent parmi les premiers Français à gagner la Grande-Bretagne (en tout 133 civils, âgés de 16 à 54 ans, et 24 militaires de la garnison de Sein (source Wikipédia)) quelques jours après l'appel du général de Gaulle, le 18 juin 1940.

En même temps, sur le continent, le peuple paye les (parfois lourdes) conséquences de cette décision, des révolutionnaires espèrent profiter de la situation propice, et un journaliste tente de préserver une certaine forme de presse, en réutilisant d'anciennes méthodes d'imprimerie, en partant à la rencontre des acteurs de l'ombre, et en se livrant sans aucune censure...

Hadrien Klent nous fait traverser avec habileté ces jours sans électricité, la vie paralysée, chamboulée, où les sentiments/amitiés se trouvent parfois exacerbés, et où le système D/l'autonomie réfléchie et anticipée sont capitaux.
Entre roman visionnaire (?), réaliste (et un peu angoissant) et fable "catastrophico"-politique loufoque, La Grande Panne est un livre original (et un bel objet éditorial, au titre en hommage à celui, identique, de Théo Varletoù l'humour, le cynisme et la légèreté contrebalancent un sèrieux fond de gravité, qui donne à réfléchir sur nos dépendances passives.

"Comme un enfant de quatre ans, le président garde obstinément les yeux fermés de peur qu'un peu de shampoing ne vienne couler sur sa cornée présidentielle. Son garde du corps lui dépose dans la main droite un nouveau petit flacon de shampoing, en prenant bien garde à détourner le regard.
- Merci, Franck! Mais quand même ça fait chier! On me parle d'un pays que je dois surveiller, protéger, parce qu'il est sans électricité, qu'il est vulnérable... D'accord! Mais enfin si personne n'est capable de me fournir du shampoing en quantité suffisante, c'est un peu inquiétant, non, sur la France, sur sa capacité nucléaire? Sur ce qu'on est capable de faire tous ensemble? Sur notre puissance réelle?"

Pour lire les premières pages : https://issuu.com/letripode/docs/extraitlagrandepanne

L'auteur >> Hadrien Klent est un pseudonyme. Il est l’auteur aux Editions le Tripode du roman Et qu’advienne le chaos.
Il a tenu un blog/secrets de fabrication du roman (où vous pourrez découvrir des images du décor de l' île de Sein, dans lequel évoluent la majorité des personnages): http://blog.hadrien-klent.com/