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Il était une fois un ours qui voulait devenir un homme… et qui devint écrivain. Ayant découvert un manuscrit caché sous un arbre au fin fond de la forêt du Maine, un plantigrade comprend qu’il a sous la patte le sésame susceptible de lui ouvrir les portes du monde humain – et de ses supermarchés aux linéaires débordants de sucreries… Le livre sous le bras, il s’en va à New York, où les éditeurs vont se battre pour publier l’oeuvre de cet écrivain si singulier – certes bourru et imprévisible, mais tellement charismatique! Devenu la coqueluche du monde des lettres sous le nom de Dan Flakes, l’ours caracole bientôt en tête de liste des meilleures ventes…

Ayant été victime d'un accident me privant temporairement de mon poignet gauche et de mon épaule droite (...) j'écris ce billet via la fonction "dictée" de mon MacBook. Je vous présente donc d'ores et déjà mes excuses quant à la syntaxe aléatoire, et mon éventuelle vigilance réduite.

 
J'avais noté ce titre à sa sortie aux éditions Cambourakis, le titre, la couv, le thème, tout me plaisait, et puis... et puis, d'autres titres, d'autres envies, comme souvent. 

Mais voilà que les éditions 10/18 le sortent en format poche et ravivent mon envie de découvrir ce roman original, écrit en 1996 et traduit dans une douzaine de langues.

20 ans après, cette satire c
inglante du monde de l'édition/du milieu intellectuel new yorkais et, plus largement de la société moderne/de consommation, n'a pas pris une ride (c'en est effrayant...).
Evidemment, le fait qu'un ours qui grogne à peine 10 mots 1/2, se roule par terre de joie et se jette dans le lac de Central Park pour pêcher, soit pris pour un grand auteur/intellectuel fantasque, et rappelle à tous Hemingway, est assez savoureux. 
Bon, le gag peut paraître répétitif, mais l'arrivée et l'adaptation dudit ours à la ville, et en parallèle, les
 questionnements/errements et la transformation d'Art Bramhall (véritable auteur du roman) dans une Amérique rurale (tout aussi) sauvage, nous interpelle astucieusement sur nos modes de vie, nos dérives, nos absurdités.

Ces deux parcours croisés donnent cette fable parsemée de quelques clichés qui pourraient agacer s'ils n'étaient là (me semble-t-il) pour servir le propos loufoque et grinçant, abordant habilement le thème de l'identité et de l'intégrité et soulignant, avec une sacrée dose de second degré, les ravages de la vanité. 

"Moi, ce que je dis, c'est que tant qu'on n'a pas le nez plein de piquants de porc-épic, tout va bien."

L'auteur >> Né en 1938 en Pennsylvanie, écrivain prolifique et éclectique, William Kotzwinkle a touché à presque tous les genres : récit autobiographique (Le Nageur dans la mer secrète), roman noir dans une veine loufoque (Midnight Examiner) ou fantastique (Le jeu de Trente), comédie post-beat (Fan Man)… Ses livres sont traduits et appréciés dans le monde entier. Il vit aujourd’hui sur une petite île, au large des côtes du Maine.
 

Les éditions 10/18 : http://www.10-18.fr/livres-poche/
Les éditions Cambourakis : http://www.cambourakis.com/