Bojangles

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Les premiers romans et moi, ça a toujours été une chouette histoire.
J'aime découvrir les "premiers pas" d'un auteur, et je suis souvent épatée par la qualité de ce que je lis (c'est aussi pour cela que j'avais plongé avec bonheur dans la belle expérience des 68 premières fois à la rentrée de Septembre).
Vous l'aurez compris, En attendant Bojangles compte désormais au nombre des premiers romans que j'ai reposés en me disant que l'essai était sacrément transformé.

De la couverture (sublime non?) au point final, j'ai été séduite par la fraîcheur de cette histoire décalée et tendre.
L'histoire d'une rencontre renversante entre un homme et une femme au quotidien à l'opposé du monotone, et d'une enfance dans un monde à part, loufoque, truffé de fantaisie, d'excentricité trouble et d'émotions qui font monter les larmes.
L'enfance d'un garçon fasciné par l'amour absolu que se vouent ses parents, qui l'emportent dans un 
tourbillon pétulant, vertigineux et digne face à la folie et au déclin

La plume simple, foisonnante et poétique d'Olivier Bourdeaut nous fait tanguer, danser, prendre la route avec ses personnages, en nous entraînant au fil des pages de ce roman comme dans une comédie musicale sans temps mort (= j'aimerais beaucoup le voir porté à l'écran...). Une belle invitation à la fête, malgré les obstacles.

"Je ne peux pas passer mes journées à vous attendre, je ne peux pas vivre sans vous! Votre place est avec nous deux... Pas une seconde, surtout pas une journée! D'ailleurs, je me demande bien comment font les autres pour vivre sans vous, chuchota-t-elle, la voix brisée en sanglot (...)"

En attendant Bojangles devrait apparemment être édité aux US chez Simon&Schuster, à suivre! 

Et cette chronique ne saurait être complète sans
Nina Simone - Mr Bojangles, titre sur lequel le couple danse, danse, danse...

L'auteur >> Olivier Bourdeaut est né au bord de l’Océan Atlantique en 1980. L’Education Nationale, refusant de comprendre ce qu’il voulait apprendre, lui rendit très vite sa liberté. Dès lors, grâce à l’absence lumineuse de télévision chez lui, il put lire beaucoup et rêvasser énormément.
Durant dix ans il  travailla dans l’immobilier allant de fiascos en échecs avec un enthousiasme constant.  Puis, pendant deux ans, il devint responsable d’une agence d’experts en plomb, responsable d’une assistante plus diplômée que lui et responsable de chasseurs de termites, mais les insectes achevèrent de ronger sa responsabilité. Il fut aussi ouvreur de robinets dans un hôpital, factotum dans une maison d’édition de livres scolaires – un comble – et cueilleur de fleur de sel de Guérande au Croisic, entre autres.
Il a toujours voulu écrire, En attendant Bojangles en est la première preuve disponible.

Les éditions Finitude : http://www.finitude.fr/

Et j'ai le plaisir immense de partager cette lecture avec ma chère Leiloona dont vous trouverez le billet par ici!