Scorta

Le Soleil des Scorta, c’est l’histoire d’une famille qui semble écrasée par le destin autant que par le soleil du Sud de l’Italie. 
De génération en génération, Carmela, Giuseppe, Domenico et les autres aspirent à une vie meilleure, ailleurs. Mais c’est pourtant là, dans les recoins de cette terre aride, qu’ils vont découvrir ensemble le secret du bonheur... 

Le peintre et illustrateur Benjamin Bachelier s’empare de leur saga. Sa version de l’histoire est tantôt lumineuse comme le soleil des Pouilles, tantôt sombre comme la misère des Scorta. Dans un foisonnement de techniques - aquarelles, acryliques, dessins et encres - Benjamin réussit, surtout, à donner des couleurs inattendues aux souvenirs et aux rêves des personnages.

Le soleil des Scorta a obtenu le prix Goncourt il y a (déjà) dix ans (et faisait remporter ce prix pour la première fois aux excellentes éditions Actes Sud).
J'avais beaucoup aimé ce roman, son ambiance, cette famille "maudite", dépossédée, debout, émouvante.

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Alors, si vous n'avez pas lu ce roman, voici l'occasion de partir à la rencontre des Scorta-Mascalzone et de Montepuccio, leur village écrasé par le soleil des Pouilles, dans cette version illustrée que j'ai été curieuse de découvrir, trouvant le pari des éditeurs audacieux (après Soie d'Alessandro Baricco, illustré par Rébecca Dautremer). 

Le soleil des Scorta est un roman avec une atmosphère qui vous colle longtemps, innondé de vie, de sang, de lutte. Des générations s'y suivent, se font écho, et se rendent hommage dans la continuité de leur destin familial.
Je me souviens avoir ressenti une immense sensation de rudesse, d'aridité, de misère, et de m'être attachée aux divers personnages, malmenés mais beaux, solidaires et fiers (bien que pas toujours recommandables). 

Benjamin Bachelierdont j'ai découvert le parcours et le travail grâce à ce livre
, s'est parfaitement imprégné de l'histoire et de l'ambiance très cinématographique qui régnait dans le roman. 
Il parvient à transmettre les émotions, la chaleur, la brûlure, le côté sombre des personnages contrebalancé par la luminosité des lieux/paysages, dans des dessins qui paraissent aussi concis, épurés et travaillés que le style de Laurent Gaudé.

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Résultat: un bien bel objet à s'offrir ou à offrir (il paraît que Noël n'est plus si loin...), à la très belle qualité d'impression, que j'ai parcouru avec plaisir, rencontrant enfin en images les décors et les visages de cette saga familiale  qui m'avait tant séduite.

Et, en parlant de Noël ;-), les éditions Tishina (que je remercie) m'ont offert la possibilité de vous faire gagner un exemplaire de ce livre, et je n'ai pas dit non (plaisir d'offrir...:-)).
Pour cela, il vous suffit de me l
aisser en commentaire le titre de votre roman illustré rêvé (binôme roman/illustrateur), et un tirage au sort aura rapidement lieu!

gagnante

Samedi 1/11: tirage a sort effectué par la main innocente de ma fille, et la gagnante est: Moglug!
Félicitations à elle et merci et bonne chance aux autres participants, car d'autres exemplaires sont à gagner sur d'autres blogs! :-)


PS: Pour les inconditionnel(le)s de Laurent Gaudé, vous pouvez trouver ici (et sur ARTE) de sublimes poèmes écrits de sa main suite à son expérience au camp de Kawergosk...
Pour finir, et juste pour info, le 7 janvier sortira son prochain roman: "Danser les ombres" (et j'ai hâte).

"Les olives sont éternelles. Une olive ne dure pas. Elle mûrit et se gâte. Mais les olives se succèdent les unes aux autres, de façon infinie et répétitive. Elles sont toutes différentes, mais leur longue chaîne n’a pas de fin. Elles ont la même forme, la même couleur, elles ont été mûries par le même soleil et on le même goût. Alors oui, les olives sont éternelles. Comme les hommes. Même succession infinie de vie et de mort. La longue chaîne des hommes ne se brise pas. Ce sera bientôt mon tour de disparaître. La vie s’achève. Mais tout continue pour d’autres que nous."